Les inconnus morts dans la rue, enfin reconnus. C'est par la pose d'une plaque commémorative, hier, place Saint-Christoly, devant une assemblée d'élus et d'habitués des lieux, que la mairie a montré sa volonté de prendre en considération le sort des personnes à la rue. L'endroit est plus que symbolique, car c'est là qu'a été retrouvé Frédéric Chanal, le 15 décembre, mort dans son sommeil. Son décès avait bouleversé ses compagnons et les associations, qui avaient alors demandé à la mairie d'agir.
Des logements très sociaux
Symboliquement, c'est chose faite. Mais les associations en attendent plus. « Nous avons créé Résistance plurielle après le décès de Fred, explique le président de l'association, Lionel Reinkingen. Mais maintenant, nous voulons avancer et notamment créer des lieux d'écoute où un suivi des personnes serait fait, car les foyers d'urgence ne sont pas adaptés et surtout, nous voulons casser l'appellation SDF, comme s'il s'agissait de mobilier urbain ! » Alain Juppé, le maire de Bordeaux, a reconnu qu'il y a un « effort important à faire pour que le mal-logement recule ». Il a évoqué la construction de logements très sociaux dans les nouvelles opérations immobilières. Qu'il s'agisse de logement très social ou juste social, rappelons que Bordeaux n'atteint pas son quota de 20 %, imposé par la loi… Il a aussi fait part de sa volonté de développer des structures de transition, comme les maisons-relais. Structures pour lesquelles l'Etat a débloqué une enveloppe en fin d'année dernière afin de créer 255 places dites de stabilisation, entre le foyer d'urgence et le logement social.O. D.