Pour les Bordelais, le troisième homme, c'est Marie Bové. La tête de liste départementale d'Europe Ecologie et fille du député européen semble avoir séduit les électeurs bordelais, dimanche, qui ont été 13,40 % à voter pour elle, contre 6,78 % pour Jean Lassalle. Elle enregistre un score supérieur à 12 % dans tous les cantons de Bordeaux, hormis à Caudéran, canton généralement acquis à la droite : Xavier Darcos (UMP) y a d'ailleurs recueilli 39,50 % des voix, contre 30,23 % pour Alain Rousset. La jeune militante a même enregistré 17,89 % des voix dans le quartier Belcier.
L'ancrage des élus Verts locaux
Au vu des résultats, il semblerait que le discours d'Europe Ecologie ne séduise que les citadins, car si des communes comme Périgueux (10,28 %) ou Mérignac (10,9 %) ont également désigné le parti de Monique de Marco comme troisième voie, ce n'est pas le cas dans les communes rurales. Dans la plupart d'entre elles, le MoDem Jean Lassalle grille – de peu – la priorité à Marie Bové : 9,36 % pour le premier contre 8,92 % pour la seconde à Saint-Macaire, 8,76 % contre 7,60 % à Lesparre-Médoc ou 12,07 % contre 7,75 % à Pellegrue. Pierre Hurmic, chef de file des Verts a une autre analyse : « Europe Ecologie a fait un bon score dans les villes où il y a un fort ancrage d'élus écologistes qui alimentent la flamme toute l'année, comme Bordeaux, Talence [15,52 %] ou Bègles [15,9 %]. » Pour l'élu, l'échec du parti réside surtout dans son début de campagne sous tension. Mais la stratégie reste la bonne car « dans les autres régions, Europe Ecologie a bien marché. En Aquitaine, il faut se structurer ».
17,66 % des voix pour Jean Lassalle dans son fief, les Pyrénées-Atlantiques et 12,20 % des voix dans les Landes lui ont permis de se maintenir. Ce sont les seuls départements où il a passé la barre des 10 %.48,11 % est le plus gros score enregistré par Xavier Darcos en Gironde, à Arcachon. Pour Alain Rousset, c'est 53,10 %, à Pessac, la ville dont il a été le maire de 1989 à 2001.7, c'est le nombre de sièges – la totalité des conseillers – que perd le Front national, présent à la région depuis vingt ans.52 % des Girondins se sont abstenus, le plus fort taux dans la région. En majorité citadins, les électeurs se sentent moins concernés par ce scrutin.