« Les enjeux sont très limités », annonce d'emblée Jean Petaux, politologue bordelais. Les derniers sondages, qui placent Alain Rousset en tête dimanche soir avec 31 % des voies, créditent Xavier Darcos (UMP) de 24 %, Jean Lassalle (MoDem) de 12 % et Monique de Marco (Europe Ecologie) de 11 %, paraissent « probables » à Jean Petaux. Ce dernier n'attend en effet pas de surprise de dernière minute. La vague verte des Européennes, il n'y croit pas (lire ci-dessous). Quant au MoDem, Jean Petaux doute qu'il atteigne les 16,06 % de François Bayrou aux régionales de 2004.
Une abstention record
« Si Lassalle dépasse les 10 % [score qui permet de se maintenir au second tour], c'est déjà un bon score par rapport au reste de la France », souligne-t-il. Et surtout, cela lui permettra de rentrer dans le jeu des négociations. Si le sort du premier tour semble scellé, celui du second – à l'issue duquel Rousset obtiendrait 61 % des voies – est moins évident. Sauf du côté de la majorité présidentielle, menée par Xavier Darcos, « puisque la stratégie unitaire de l'UMP a abouti à ce qu'il n'y ait pas d'apport potentiel au second tour ». A l'inverse, Rousset pourrait avoir du choix, et même « une stratégie de rechange », si les autres partis ont des scores intéressants et proches. Selon son entourage, les alliances seront validées avant lundi midi.
Mais le point noir de cette analyse reste l'abstention, qui pourrait atteindre 50 %. Un peu moins en Aquitaine, car en général ses électeurs se déplacent plus volontiers. Cette démobilisation s'expliquerait entre autre par la multiplication des élections, la complexité du scrutin ou la désillusion liée à la crise économique. « Entre 40 et 45 %, l'abstention toucherait majoritairement le parti gouvernemental, mais à 50 %, elle sera également répartie entre tous les candidats », prévient Jean Petaux.