« Nous devons faire de Cordouan un véritable produit touristique. » Pour Yves Lecaudey, vice-président PS du conseil général de la Gironde, l'objectif est clair. Depuis le 1er janvier, le gardiennage et l'exploitation de ce monument historique, propriété de l'Etat, ont été confiés au Smiddest, syndicat mixte réunissant les conseils généraux de Gironde et Charente-Maritime, ainsi que les régions Aquitaine et Poitou-Charentes. Les collectivités ont néanmoins posé une limite au désengagement de l'Etat : « nous assurerons la gestion du site à condition qu'il finance d'abord la remise en état du monument », précise le vice-président du conseil général. Le Smiddest insiste pour qu'une première tranche de travaux d'étanchéité soit lancée en 2011. Coût estimé : 4 millions d'euros. « Si l'Etat ne s'engage pas d'ici au 30 juin, le syndicat abandonnera la gestion du site au 31 décembre», regrette Yves Lecaudey. La sécurité du « Versailles de la mer » ne sera alors plus assurée. Depuis que l'éclairage des phares est automatisé, l'Etat rapatrie progressivement les gardiens à terre. A Cordouan, deux sont encore en poste, mais plus pour longtemps : ils partiront en retraite en 2011. Or, pour préserver le site du vandalisme, « il fallait à tout prix y maintenir une présence humaine. Le phare est en pleine mer et très isolé », rappelle Jean-Marie Clabet, président de l'association de sauvegarde. Le Smiddest a déjà recruté deux stagiaires qui assurent le gardiennage et les visites aux côtés des agents de l'Etat. Le syndicat est également prêt à améliorer l'accueil des touristes : une salle d'exposition et une boutique de souvenirs pourraient ainsi voir le jour dans la « couronne » qui entoure la base du phare. Si le Smiddest prévoit d'investir 160 000 € par an dans l'exploitation, « il faut que cela nous rapporte », ajoute Yves Lecaudey. Une rentabilité qui passera sans doute par une remise à plat de la tarification, car la capacité d'accueil est limitée. En 2009, Cordouan a accueilli 21 481 visiteurs. « On pourrait aller jusqu'à 25 000, mais pas plus, à cause des marées », relève Jean-Marie Clabet. Dès cette année, un appel d'offres pourrait organiser la concurrence entre les transporteurs maritimes. Actuellement, trois bateaux partent de la côte royannaise et un du Verdon. Coût de la traversée : 32 €, une fortune, comparée au prix de la visite, qui est de seulement 4 €.