Un choix de calendrier stratégique. Le lancement du nouveau réseau de bus, hier matin, au début des vacances scolaires, a permis à Keolis et à la CUB de limiter l'inconfort des usagers. Un parfum de galère flottait néanmoins sur certaines lignes, notamment la liane 10, l'une des treize nouvelles dessertes « structurantes » qui traversent l'agglomération de part en part.
A la chasse aux arrêts
Longue de 24 kilomètres, la liane 10 relie Bouliac à Gradignan, en passant par le pont Saint-Jean, la gare et le campus. Sur les coups de 9 h, le bus à double compartiment est déjà bien rempli. « Mais il manque encore pas mal de poteaux d'arrêt », tique le conducteur. A la Benauge, le trajet tourne au jeu de piste : certains arrêts ne portent pas de numéro de ligne, d'autres sont matérialisés par un simple carton accroché à une gouttière… « Je m'arrête ou pas ? », s'interroge à voix haute le conducteur, presque aussi paumé que les passagers. « Ce nouveau réseau est fait à l'arrache ! », bougonne-t-il entre deux manœuvres. Chez Keolis, on se laisse « jusqu'au 8 mars », jour de la rentrée scolaire, pour que l'ensemble de la signalisation soit en place. Soit 3 200 arrêts au total. Restent aussi à résoudre quelques querelles de voisinage : à peine lancée, la liane 10 est déjà déviée pour quinze jours dans le secteur de la piscine Galin, où des riverains s'opposent au passage des bus devant leur porte. Un compromis aurait été trouvé avec la mairie de Bordeaux, mais en attendant, plusieurs arrêts ne sont pas desservis. A bord, les passagers prennent leur mal en patience. Même pas de fiches horaires à se mettre sous la dent… « Keolis aurait pu prévoir un accompagnement à bord des bus », estime un représentant CGT, venu prendre la température. « Depuis 7 h ce matin, il n'y a personne pour renseigner les gens. »Devant la gare Saint-Jean, hier matin, il n'en restait qu'un. Les VCUB, vélos en libre-service disponibles depuis trois jours dans toute l'agglomération, ont semble-t-il trouvé leur public.
Déjà 1 755 adhésions hier soir
Samedi, quelque 1 000 deux-roues ont été mis en circulation dans une centaine de stations. Les adhésions n'ont pas tardé à s'envoler : près de 1 200 ont été enregistrées dimanche soir par le réseau TBC, pour atteindre les 1 755 hier, en fin d'après-midi. Un bon début pour la petite reine à la jupe orange et bleue. « Tout se passe au mieux », se réjouit la direction de Keolis. Si certains usagers les regardent encore de loin, d'autres n'ont pas attendu pour se lancer : « Comme les autres grandes villes, la CUB a enfin ses vélos en libre-service. C'est un mode de transport en plus et ils sont simples à utiliser », apprécie un Bordelais en train de retirer son VCUB place des Quinconces. « Reste à espérer qu'il n'y ait pas trop de dégradations », ajoute un habitant. D'après les évaluations réalisées par la CUB et Keolis, un vélo ne devrait pas coûter plus de 1 100 € par an (contre près de 3 000 € à Paris, entre autres à cause du vandalisme). Le dispositif, encore incomplet, devrait être opérationnel à 100 % dans deux mois maximum. Le territoire communautaire comptera alors 139 stations pour 1 545 vélos.M. G.