Il faut croire que la mairie et le grand emprunt suffisent à son bonheur. Alain Juppé (UMP) a confirmé hier avoir refusé la présidence de la Cour des comptes proposée par Nicolas Sarkozy, après la mort de Philippe Séguin. « J'ai été extrêmement honoré par cette proposition », a indiqué l'ancien Premier ministre, avant d'ajouter que de telles fonctions seraient « incompatibles avec le mandat de maire ». « La Cour des comptes s'emploie à juger les finances des collectivités, or, on ne peut pas être juge et partie. » Concilier les deux activités n'aurait pas été possible : « Si j'avais accepté, cela aurait impliqué que je renonce à mon mandat de maire. Or, je ne suis pas prêt à tirer ma révérence aux Bordelaises et aux Bordelais », a assuré Alain Juppé. Il affirme avoir été surpris par la proposition du président de la République : « Je ne m'y attendais pas du tout. » Quant à un éventuel retour au gouvernement, après son passage éclair (un mois) à l'Ecologie en 2007, il préfère couper court : « La question ne se pose pas aujourd'hui. Il y a bien des manières de servir son pays. » Michèle Delaunay, députée PS de Gironde, est persuadée du contraire. Pour elle, le refus d'Alain Juppé de présider les Comptes serait motivé par « le renoncement de toute prétention à un mandat national ». « L'habileté du Président, talentueux à éliminer les prétendants putatifs à son poste, doit être à cette occasion reconnue », conclut-elle. Les noms de François Hollande et François Fillon seraient aussi évoqués. W
M. G.