Pour tenir la cadence, il va falloir faire de la place. Le nouveau réseau de bus, qui sera inauguré par Keolis et la CUB le 22 février prochain, a l'ambition d'être aussi efficace que le tramway. La filiale de la SNCF prévoit de s'appuyer notamment sur « treize lignes structurantes cadencées aux 10 à 15 minutes de 7 heures à 20 heures pour compléter les trois lignes de tramways ». Or, actuellement, la voirie donne rarement priorité aux bus dans l'agglomération : avec à peine 17,5 kilomètres de couloirs, majoritairement situés à Bordeaux, on peut s'attendre à ce que le trafic automobile entrave la régularité du service.
Les conducteurs, qui sont actuellement formés aux futures lignes, commencent à s'inquiéter. « On peut d'ores et déjà penser qu'on ne tiendra pas la cadence, observe l'un d'eux. La ligne 15, par exemple, qui reliera Villenave-d'Ornon à Bacalan en passant par le centre de Bordeaux, risque de rencontrer des difficultés dans le secteur Victoire-Gambetta, où le trafic est très dense et où le peu de place rend l'aménagement de couloirs impossible. » En raison de sa longueur, le temps de parcours sur cette ligne s'annonce très important : « Au moins 2 h 30 pour aller d'un bout à l'autre ! », témoigne l'agent. C'est là que les « Corols » trouvent leur utilité : ces six lignes de bus relieront les banlieues entre elles, sans passer par le coeur de Bordeaux. La création de couloirs n'en demeure pas moins « indispensable si l'on veut améliorer la vitesse commerciale du réseau », note Gérard Chausset, élu Vert à Mérignac et vice-président en charge des transports de demain à la CUB. Et sur ce point, les 27 communes de l'agglomération ont encore du chemin à faire. Le souci n'est pas financier - la CUB ayant encore 17 millions d'euros non dépensés en réserve -, mais plutôt politique : « Si on ne fait pas plus de couloirs, c'est à cause des places de stationnement qu'il faut supprimer », admet Gérard Chausset. Un choix qui appartient à chaque maire et qui suscite l'impopularité des riverains. Les choses sont pourtant en train de changer. Sous l'impulsion du président PS de la CUB, Vincent Feltesse, un peu plus de 6 kilomètres de couloirs supplémentaires devraient voir le jour d'ici à 2011 à Bordeaux, Eysines, Le Bouscat et Talence. Vincent Feltesse souhaite même « atteindre les 40 kilomètres en fin de mandature » (en 2014). Pour cela, un avenant spécifique sera signé avec chaque commune au mois de juin, dans le cadre des contrats de codéveloppement, pour la réalisation de couloirs de bus. Les maires sont attendus au tournant. W
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