Nicolas Sarkozy a présenté hier le grand emprunt. La labellisation des villes durables que vous et Michel Rocard aviez proposée n'a pas été retenue. A quoi pensiez-vous pour Bordeaux ?
A nos quartiers durables et à notre politique de redynamisation de la ville centre (nous avons gagné 3 000 habitants en 2009) qui va dans le bons sens. C'est une politique de développement durable car elle lutte contre l'étalement urbain. Nous projetons d'aménager plusieurs zones, comme Bordeaux Euratlantique.
En parlant de nouveaux quartiers, des étapes vont être franchies en 2010 ?
Les premiers chantiers de Ginko à Bordeaux-Lac vont commencer. Il en sera de même pour les Bassins à flots : la CUB devrait voter en mars le programme d'aménagement d'ensemble, déclenchant les premiers investissements. Les travaux pour le pont Bacalan-Bastide vont également débuter.
A ce propos, l'Unesco doit rendre une décision cet été sur le classement de la ville. Etes-vous serein ?
Serein, c'est beaucoup dire... Nous dialoguons avec l'Unesco et sommes prêts à améliorer le projet. Nous travaillons sur l'accueil des gros bateaux sur le port de Bassens pour rassurer l'Unesco.
Autre gros dossier... Le nouveau stade. Où en est le montage financier ?
Il nous manque 15 % du financement global. Nous discutons avec le club, la CUB, la région et le département. Le président du conseil général m'a indiqué qu'il était prêt à réfléchir à une implication dans le projet. J'attends de voir. On prépare aussi le projet de consultation de partenariat public-privé. C'est en janvier qu'on saura si on se lance.
Vous le maintenez si la France n'est pas retenue pour l'Euro 2016 ?
Je l'espère. L'Etat a dit qu'il maintiendrait sa subvention. Il faut voir si les autres collectivités feront de même. La ville y est prête.
Concernant la vie quotidienne, quelles perspectives pour 2010 ? Commençons par la collecte sélective des déchets dans le centre : ça ne fonctionne pas.
C'est très difficile. Nous y travaillons presque quotidiennement, mais la situation n'est pas satisfaisante. Nous devons trouver des solutions plus durables. Quelque chose ne marche pas.
Et pour les logements sociaux ?
C'est lié à la réalisation des grandes opérations d'urbanisme. Ce n'est pas dans la ville existante qu'on en fera beaucoup, même si chaque fois qu'on intervient sur une parcelle qui se dégage, on y met au moins 25 % de logements sociaux. Dans le quartier Ginko, en incluant l'accession à la propriété, il y en aura au total un bon tiers. Par ailleurs, nous allons mettre en oeuvre le projet social n° 3 avec comme priorité, le logement intermédiaire des personnes en situation de précarité, entre le logement d'urgence et le logement social.
Ces projets ne vont-ils pas lourdement peser sur le budget de la ville ?
Nous allons le voter lundi, il est très contraint. Certaines de nos recettes plafonnent ou baissent, comme les dotations de l'Etat. Les recettes de droit de mutation ont baissé l'année dernière avec la crise, même chose pour celles du casino. Mais nous avons prévu des augmentations de dépenses très modérées. Et si la crise ne s'accentue pas, nous pourrons éviter d'augmenter les taux des impôts. Ce qui sera un tour de force. W