« Jeune et dynamique ne veut pas forcément dire moins de 35 ans. » Ce stéréotype est pourtant bien ancré dans les esprits des employeurs, constate Carmen Legay, directrice du Plan local pour l'insertion et l'emploi (Plie) de l'espace Technowest. Mais les choses avancent sur ce territoire, qui regroupe huit communes de l'ouest de l'agglomération bordelaise.
Depuis septembre, trente entreprises et collectivités ont adhéré à la Charte de la diversité locale (lire encadré), mise en place par le Plie dans le cadre d'un appel à projets lancé par le conseil régional. Objectif : lutter contre les discriminations à l'embauche, qu'elles soient liées à l'âge, au sexe, à l'origine ou à la situation familiale du demandeur d'emploi.
Hier matin, plusieurs dirigeants engagés dans cette démarche ont échangé leurs expériences. Pierre Delva, directeur du magasin Leroy-Merlin de Mérignac, a mis l'accent sur le recrutement de collaborateurs handicapés : « Deux personnes sourdes ou malentendantes ont été embauchées et, pour favoriser leur intégration dans les équipes, nous avons proposé une initiation à la langue des signes à tous les salariés », explique-t-il. Une cinquantaine d'entre eux, sur 180, ont accepté de la suivre. Une initiative « fédératrice » qui « a contribué à renforcer le lien social dans l'entreprise », souligne-t-il. « Je me suis également aperçu que la diversité participait à la fierté et au bien-être des salariés. J'en attends donc une meilleure performance de chacun. »
Sur le territoire de Technowest, les types de discrimination les plus fréquents relèvent de l'âge et du sexe. « Les employeurs ont des automatismes, analyse Carmen Legay. Ils recherchent des hommes pour certaines tâches, alors que les femmes peuvent très bien les accomplir. Ils n'ont pas l'impression de discriminer, alors que c'est le cas. » W