Des maisons où les médecins font bonne garde

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Publié le 16 novembre 2009.

SANTE- Une poussée de fièvre, une gastro, un rhume... Rien qui nécessite d'aller aux urgences...

Une poussée de fièvre, une gastro, un rhume... Rien qui nécessite d'aller aux urgences, mais des maux que les patients ont besoin de soulager. Même le week-end, les jours fériés ou la nuit.

Hier, Christelle qui habite Coimères en Gironde s'est déplacée jusqu'à l'hôpital de Langon quand les pompiers lui ont conseillé d'amener Baptiste, son fils de 16 mois. Un généraliste l'a reçue après dix minutes d'attente. Le petit est ausculté, la maman rassurée. Ce rendez-vous est possible depuis un an, date à laquelle cette maison de garde a été créée.

«On a voulu que les patients aient toujours une réponse, ce qui n'était pas le cas avant», explique Eric Péan, le praticien à l'origine de la structure adossée aux urgences de Langon. Lorsque les patients appellent le 15, ils sont orientés ici où des praticiens sont présents en permanence. Conséquences de ce regroupement de 46 médecins: diminution du délai d'attente aux urgences, confort pour les médecins qui ont moins de jours de garde et sécurité pour les patients.

Une mesure qui incite les médecins à s'installer en zone rurale

Il s'agit de la deuxième initiative de ce type, en Gironde. La première maison créée en 2003, à La Réole a fait ses preuves. A l'heure, où l'on évoque la désertification médicale, ces initiatives permettent d'inciter les médecins à s'installer en zone rurale où ils sont souvent isolés. «Tout ce qui est fait pour améliorer les conditions de travail des médecins est bien, confirme Bernard Plédran, du syndicat MG France, qui se montre inquiet. Mais le problème n'est pas uniquement celui de la campagne. Il y a 1.600 généralistes en Gironde et d'ici à douze ans, on en prévoit 60% de moins...» Un métier non reconnu et mal rémunéré, selon Bernard Plédran. «Pour les étudiants, c'est tout sauf généraliste. Aujourd'hui, même des médecins de 40-50 ans abandonnent le métier...»

Il dénonce aussi le dénigrement de la profession par les pouvoirs publics. «Avant j'étais de garde sur Talence, et depuis le redécoupage des secteurs, je travaille sur Talence, Bègles et Villenave... Le meilleur exemple reste la vaccination contre la grippe A. On en exclut les professionnels, alors que ce sont les généralistes qui ont toujours vacciné. Résultat: c'est un fiasco!»

Orianne Dupont
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