L'esthétique au coeur des soins. Esthéticiennes et soignantes présentes hier, à l'hôpital Charles-Perrens, écoutaient avec attention les conseils de Danièle Dubroca et Maurice Carlier, les socioesthéticiens des lieux. « Quand je maquille la personne, j'accompagne toujours son regard dans la glace », explique Danièle en jouant du pinceau. Un geste qui paraît anodin, mais qui tient un rôle prépondérant dans les soins en psychiatrie et en cancérologie.
« Le toucher est un élément structurant de l'individu, indique la socioesthéticienne, à Charles-Perrens depuis 1994. Un bébé qui n'a pas été assez touché risque d'avoir des carences plus tard... » Ce constat, Véronique Lavigne l'a fait quand elle était esthéticienne près de Pellegrin : « Les gens étaient plus apaisés quand ils sortaient du salon. Et puis, ça permettait de rappeler les règles d'hygiène, mon métier devenait beaucoup moins futile. » Elle s'est alors installée en freelance pour s'occuper des patients qui quittent l'hôpital. « Je voulais être là quand ils sont chez eux avec la perte de poids, les cheveux qui tombent... » Caroline, professeur d'esthétique à l'école Pigier annonce d'emblée qu'elle n'aime pas le milieu hospitalier, mais elle a emmené trois de ses élèves afin de leur montrer les débouchés possibles. L'une d'elle, Sabrina, qui avait entamé une école d'infirmière avant son CAP esthétique, semble s'y retrouver. Toutes regrettent cependant que les esthéticiennes doivent justifier de trois ans d'expérience avant d'intégrer la formation de socioethéticienne, alors que les soignants (quelque soit leur niveau) ont juste leur CAP esthétique à passer. Un flou lié à l'absence de statut. W