Rappelez-vous : 2007. Les teenagers d'Europe succombent aux charmes d'un groupe allemand vaguement gothique, Tokio Hotel. Leurs tignasses de corbeau déplumé faisaient ricaner les grands frères, leurs paroles faisaient espérer une note potable en allemand aux parents, et leur look dégénéré faisait dire aux grands-parents bien des horreurs. N'empêche, le phénomène Tokio Hotel restera comme le tsunami musical des années 2000.
Deux ans après sort un nouvel album, Humanoïd. La formule obligée est : « Les fans attendent ça avec impatience. » Vraiment ? Un rapide micro-trottoir à la sortie d'un collège épargné par la grippe A prouve le contraire. « C'est pour les bébés », explique Quentin, 13 ans, qui l'an dernier au Parc des Princes s'était pourtant éclaté sur la pop gentillette de Tokio Hotel. « Leur look, c'est nul, tranche Emily. Les Jonas Brothers, tu vois, ils ont la classe. » Ouch ! Pauvres petits chanteurs à la croix de fer, déjà remplacés dans le coeur des midinettes par un trio d'Américains bouclés et proprets. « Moi, je suis quand même curieuse d'entendre ça, ose Inès. J'ai eu tellement d'émotions avec leurs anciennes chansons que je vais écouter les nouvelles. Par fidélité quoi. » Donc, le 5 octobre, jour de la sortie, elle fera le siège du magasin de disques à son ouverture... « Ah ben non... Depuis l'an dernier, mon grand frère m'a appris à télécharger les musiques... » Re-ouch. W
B. C.