Quand le soleil réchauffe, c'est bien, quand il cuit un gâteau, c'est encore mieux. C'est ce qu'ont découvert, ce week-end, une quinzaine de stagiaires au centre social Bordeaux-Nord. « Créée, il y a dix ans, notre association, Bolivia Inti, avait pour mission d'implanter des cuiseurs solaires en Amérique du Sud [8 000 familles en ont déjà bénéficié], explique Yves Martin, un des membres. Et puis nous avons eu une explosion des adhésions en France, alors nous organisons des stages. »
Les participants présents à Bordeaux hier se sont vu expliquer les différences entre les quatre outils de cuisson écologique : la parabole, à utiliser comme une plaque, le cuiseur thermos (ou marmite norvégienne), dans lequel les aliments préchauffés finissent de cuire grâce à leur propre chaleur, le four solaire, qui peut atteindre les 150 °C, et enfin, le cuiseur à bois économe.
Après la théorie, la pratique. En 1 h 30, préparation incluse, poulet en sauce, fondant au chocolat et légumes sont préparés dans les différents cuiseurs. Un temps comparable à l'utilisation d'un four traditionnel et d'une gazinière, mais sans l'utilisation de la moindre énergie fossile. La marmite de haricots verts pour la quinzaine de stagiaires est notamment cuite avec deux petits morceaux de cagette en bois.
Chaque cuiseur solaire permettrait d'économiser une tonne de CO2 par an, et sauverait cent arbres en quinze ans. Si ces outils étaient initialement prévus pour les pays en voie de développement, certains Aquitains se les sont appropriés. « En utilisant le four solaire et la caisse thermique, j'ai réduit ma consommation d'énergie de 30 % », témoigne Anne McQueen. Pour Larba Dianda, directeur d'une école au Burkina-Faso, il s'agit surtout de pouvoir faire à manger pour ses 200 élèves, tout en limitant la déforestation. « Nous sommes au Nord du pays, et le désert avance de plus en plus vite, nous avons du mal à trouver du bois. Dans ma cantine scolaire, je vais expérimenter le cuiseur à bois, avec des écorces d'arbre ou des tiges de plante, et le four solaire. » Il a personnellement déjà testé ce système, et précise qu'« avant, 1 000 francs CFA de bois me permettaient à ma famille de manger pendant sept jours. Maintenant, nous tenons quatre semaines. » Coline et Malik, deux jeunes stagiaires souhaitent, eux, exporter ces méthodes au Chili et au Costa Rica. W
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