En prison, mais connectés. Depuis le mois de mars, les détenus de la maison
d'arrêt de Gradignan ont accès à une Cyberbase de huit ordinateurs, aménagée dans l'enceinte de l'établissement. Une initiative du ministère de la Justice, pour qui Internet permettrait une réinsertion socioprofessionnelle plus rapide. Il s'agit, dans un premier temps, de lutter contre l'illettrisme, par le biais d'exercices de français en ligne. Yoann, 20 ans, y voit un moyen de mieux préparer sa sortie : « J'ai des progrès à faire en orthographe, confie-t-il. Ça m'aidera à trouver un boulot après. » Cette Cyberbase est également destinée à guider les détenus dans la recherche d'un travail. Pas question d'aller se faire de nouveaux amis sur Facebook. L'accès à Internet est limité à certains sites bien ciblés : ceux des services publics, comme le Pôle Emploi. Chaque détenu est accompagné dans ses démarches par les enseignants de la maison d'arrêt et les membres du Club local informatique pénitentiaire (Clip). Yoann semble convaincu par le système : « Trouver un emploi, c'est la première étape pour bénéficier d'un aménagement de peine et se réinsérer », observe-t-il. La maison d'arrêt de Gradignan est la seconde à avoir mis en place une telle plate-forme, après Marseille. Cinq autres villes françaises pourraient bientôt faire de même. W
Delphine Legouté