Dans son livre, Je ne mangerai plus de cerises en hiver... - sa «catharsis» -, il «se livre vraiment » et nous laisse entrevoir l'homme qu'il est. Un livre de candidature ? Le maire de Bordeaux s'en défend, « je ne suis candidat à rien », souligne-t-il. Et pour 2012, il reste tout de même sur un « on ne sait jamais! »
>> Alain Juppé sera présent pour un chat jeudi à 15h, posez-lui vos question dès maintenant ici...
Tour à tour, il est le Premier ministre, le mari d'Isabelle à l'égard de qui, il se montre très amoureux, l'homme spirituel, attaché aux « grandes valeurs de la morale chrétienne », le fils qui culpabilise d'avoir laissé sa mère en maison de retraite, le maire de Bordeaux, le fondateur de l'UMP... Et l'homme blessé. Blessé par sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs du RPR « Vous avez trompé la confiance du peuple français », avait jugé la cour correctionnelle de Nanterre, le 30 janvier 2004. Des mots, qui, selon son épouse (elle signe la préface du livre), «l'ont tellement plus blessé que la peine elle-même». Jusqu'à son départ pour le Canada, en 2005, où il redécouvre les bonheurs simples de la vie de famille. Mais «une force sourde» l'incite à rentrer à Bordeaux l'année suivante.
Il révèle avoir scellé un pacte avec Hugues Martin, qui assurait l'intérim à la mairie: «Pas un mot sur mon retour avant le mois de juin.» Mais le scénario était en place. Pour la première fois, Alain Juppé confie avoir un peu forcé le destin pour retrouver son siège de maire «Si je veux être tout à fait sincère, j'avais un peu poussé», avoue-t-il à propos de la démission du conseil municipal en septembre 2006 qui, «officiellement, en prit spontanément l'initiative»... Le sirop d'érable n'avait donc pas ramolli le stratège!
Mais une sérieuse défaite l'attend l'année suivante, lorsqu'il perd l'élection législative de 600 voix face à Michèle Delaunay (PS). La leçon semble avoir été comprise: les Bordelais «veulent un maire à plein temps», écrit-il. Jusqu'à quand? «C'est la vie qui décidera», élude Alain Juppé, avant d'ajouter : «En politique, il n'y a pas de vérité définitive.»