POLITIQUE - Alors que le FN moribond ne sait plus à quel leader se raccrocher, des mouvements radicaux fleurissent sur les ruines du parti...
A Bordeaux deux groupes ont fait leur apparition ces derniers mois. Le premier Dies Irae (jour de colère), né après l’élection présidentielle se présente comme un mouvement chrétien à vocation sociale et caritative. Ce groupe qui revendique aujourd’hui une centaine de membres apparaît très bien organisé. Il dispose d’un local dans le centre-ville pour y tenir des réunions, organise des journées d’entraînement physique et tient un site internet bien actualisé. Dies Irae vient même de faire l’acquisition d’un terrain à quelques kilomètres de Bordeaux dans le but «d’y aménager des terrains sportifs et ludiques ouverts à tous ceux qui le désirent.» Un vernis de respectabilité sur un fond nationaliste qui voit un modèle dans la Russie de Vladimir Poutine.
«A un moment ou à un autre on peut passer à de l’incitation à la haine raciale dans les tracts»
Un autre mouvement vient désormais marcher sur ses plates-bandes. Le Bloc Identitaire s’est fait connaître en organisant une action contre le projet de grande Mosquée de Bordeaux. Ses membres avaient diffusé l’appel à la prière du muezzin à 6 h du matin, dans le quartier de la Bastide. Un acte revendiqué car «il a permis de susciter le débat» selon Thibault du Réau, ex-FN qui vient de rejoindre le Bloc. Pour lui, avec la construction de mosquées, «c’est la face de notre société qui est en train de changer». Il souhaite donc «alerter la population sur ce danger.» Cette action a permis à la mouvance, forte d’une trentaine de membres, de recruter cinq personnes. A l’hôtel de Police on reconnaît «être attentif» à l’évolution de ces groupes. Même si pour l’instant, on ne peut rien leur reprocher pénalement, «à un moment ou à un autre on peut passer à de l’incitation à la haine raciale dans les tracts.»
Stéphanie Lacaze