En toge, mais le mégaphone à la main. Une dizaine de professeurs de Bordeaux-IV (droit, sciences sociales et politiques, sciences économiques), se sont regroupés hier après-midi, place Pey-Berland, pour demander la remise à plat de la réforme des universités (loi LRU). Réputés pour leur modération, les personnels de Bordeaux-IV ont organisé une parodie de procès : devant près de 250 personnes, ils ont énuméré les réformes annoncées, avant de condamner les universités à « dépérir ». Une mobilisation sans précédent, révélatrice du climat d'inquiétude qui secoue le monde universitaire : « Ce qui nous attend est très grave », estime Christophe Radé, professeur de droit public et représentant des enseignants de Bordeaux-IV. La réforme du statut des enseignants- chercheurs et des moyens de fonctionnement des facs les inquiètent particulièrement. Et la nomination d'une médiatrice par Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, n'a visiblement rassuré personne : « Les promesses ne valent rien. Nous attendons le retrait immédiat de tous les décrets d'application et attendons des pouvoirs publics la remise à plat totale de la loi, avec les acteurs de l'université », poursuit Christophe Radé. La mobilisation des profs donne en tout cas le sourire aux étudiants : « On se sent soutenus et plus légitimes, surtout quand ce sont des profs de droit, qui se mobilisent rarement », confiait hier une étudiante. ■ M. G.