Chez Ford, prudence après le sauvetage: «on verra dans quinze mois»

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Publié le 2 février 2009.

CRISE - Les salariés de Ford restent prudents...

Ils s'empressent de franchir les tourniquets, visages fermés. Lundi midi, à l'heure de la relève, les langues avaient du mal à se délier à l'entrée de l'usine de Blanquefort. «On espère tous, mais on attend d'en savoir plus», se hasarde un ouvrier. «Il faut voir ce que donnera cette reprise à moyen terme, ajoute un collègue. D'ici quinze mois, on sera vraiment fixés».

Pour l'instant, même si les repreneurs se sont engagés à conserver les 1 600 emplois, les salariés préfèrent rester très prudents. Ils ont du mal à croire au scénario idéal qui leur est présenté, surtout dans la conjoncture actuelle: «On voit partout des usines qui ferment, des entreprises qui délocalisent pour aller faire du profit à l'étranger. Tant mieux si on nous reprend, mais quand on voit ce qui s'est passé à Solectron, qui a fermé un an après avoir été rachetée, on se méfie», explique un ouvrier. «Un de mes amis proches y travaillait et aujourd'hui, il est au chômage», poursuit-il.

Pour les salariés de Blanquefort, la seule certitude aujourd'hui, c'est leur haut niveau de qualifications: «qu'on fasse des éoliennes ou des boîtes de vitesse, peut importe, on a le savoir-faire et on sait s'adapter», soulignent-ils.
A Bordeaux, Marion Guillot
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