La fin d'une longue attente. Cet après-midi, la reprise de l'usine Ford Aquitaine industrie (FAI) de Blanquefort par le groupe allemand Johann Hay devrait être officialisée lors d'un comité d'entreprise extraordinaire. Le comité de suivi, qui travaille depuis des mois à un plan de sauvegarde du site, se réunira au même moment à la préfecture de la Gironde. Le patron de Ford Europe, John Fleming, y annoncera la nouvelle en compagnie de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Pour l'heure, Ford France se refuse à confirmer l'identité du repreneur. Mais le nom de Johann Hay, groupe allemand spécialisé dans l'usinage de pièces automobiles, circule sur les marchés et dans la presse spécialisée depuis plusieurs semaines. Quoi qu'il en soit, les 1 600 salariés de FAI seront fixés en fin de journée. Le mystère autour des emplois, première préoccupation des salariés, devrait également se dissiper. Ils sauront ce soir si le plan de reprise prévoit de garder tout le personnel, comme le dit la rumeur. Soulagés qu'une annonce soit enfin faite, les syndicats n'en restent pas moins attentifs au contenu du projet : « Les questions sont très nombreuses », rappelle la CGT. Outre les investissements et le projet industriel, le syndicat s'interroge sur la période de transition dans laquelle l'usine de transmissions automatiques va s'engager. « Comment l'ensemble du personnel pourra-t-il être occupé ? », demande la CGT. Et surtout, « quelles conditions sociales seront proposées » ? Dans un contexte économique difficile pour l'industrie automobile, le rachat de l'usine inquiète les salariés de Blanquefort. « Cette reprise pourrait être en réalité un moyen pour Ford de sous-traiter les licenciements et la fermeture du site », se méfie la CGT. Ouverte en 1970, l'usine girondine a employé à son apogée plus de 3 000 personnes. En 2002, elle produisait encore 700 000 boîtes de vitesse par an, contre 200 000 l'an dernier. L'arrêt de cette activité est programmé pour début 2011. ■