Fabienne Cosnay - ©2008 20 minutes

Le compte à rebours est lancé. Mardi soir, c'est la première : le ballet féerique Casse-Noisette, grand classique des fêtes de Noël, investit la scène de l'Opéra national de Bordeaux jusqu'au 31 décembre. Quatre jours avant le coup d'envoi, 20 Minutes s'est faufilé dans les coulisses du Grand Théâtre.

Jeudi soir, 19 h. Machinistes et accessoiristes s'activent sur le plateau pour mettre en place les décors et les objets nécessaires à la mise en scène. Dans la fosse, les 50 musiciens de l'orchestre national de Bordeaux accordent leurs instruments. En coulisses, c'est l'effervescence à chaque étage. Certaines danseuses se maquillent, d'autres s'échauffent. Dans sa loge, Vanessa Feuillatte, l'une des quatre solistes qui joue Marie, l'héroïne de Casse-Noisette, enfile ses pointes et ajuste ses pansements. Ce soir, pour la première répétition du ballet avec l'orchestre, c'est elle qui tient le premier rôle. Un peu fatiguée - les danseurs ont déjà répété tout l'après-midi - elle redoute le dernier pas de deux du second acte. « Pour cette danse, je suis en tutu. Alors, le moindre défaut technique se voit tout de suite », explique-t-elle. De l'avis de tous, Casse-Noisette est l'un des ballets classiques les plus difficiles. « Surtout au niveau du souffle », précise la jeune danseuse.

Sur la scène, tout est en place pour la répétition générale. Le chorégraphe Charles Jude, qui a créé sa propre version de Casse-Noisette en 1997, s'installe derrière le chef d'orchestre. Car les tempos sont intimement liés au rythme de chaque danseur. « Quatre solistes alternent entre le rôle principal et la danse espagnole, la danse arabe et la danse chinoise. L'orchestre doit adapter la musique en fonction de la rapidité de chaque danseuse, de sa façon de tourner, etc. » explique le directeur du ballet de l'Opéra de Bordeaux. Derrière la scène, ça s'agite dans tous les coins. A l'écart dans sa cabine, Michèle Tenier, la régisseuse, donne les « tops » aux interventions des techniciens du spectacle : accessoiristes, régisseurs son, éclairagistes. Pendant ce temps, Josiane Rossi, couturière-habilleuse depuis vingt-cinq ans à l'opéra, accroche les costumes des rats en quatrième vitesse. Les enfants du conservatoire de danse ne vont avoir que trois minutes pour se changer. « Cela s'appelle un précipité » explique fièrement Josiane. Effectivement, ça se précipite. Une dizaine de petits danseurs sortent de scène en courant, enlèvent leurs costumes à la hâte et se transforment en petits rats. Josiane est soulagée, tout s'est bien passé. En cas de pépin, la couturière a toujours sa « banane » sur elle. A l'intérieur, des aiguilles, du fil et des épingles à nourrice « au cas où je n'ai pas le temps de recoudre le vêtement pendant le spectacle », indique la couturière. Déjà l'entracte. Certaines danseuses en profitent pour revoir quelques pas, d'autres viennent pointer leurs chaussons dans le bac de colophane, pour éviter de glisser sur scène. La répétition reprend. Les 48 artistes entrent en scène pour le final. Il est 22 h 30. Pas de rideau ce soir. Le maître de ballet fait encore retravailler quelques pas.