Des casseurs dans le sillage des lycéens. L'opération « lycée mort », organisée vendredi dans toute la France par la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), a été « particulièrement bien suivie » à Bordeaux. Entre 1 400 et 3 000 lycéens se sont retrouvés en centre-ville pour manifester contre le « lycée à la carte » et la réforme Darcos. Mode de ralliement : un appel lancé sur Facebook, relayé par l'envoi massif de SMS.
Mais des actes de malveillance se sont produits en marge de la mobilisation, au sein de huit établissements. En tentant de s'opposer à des jeunes qui voulaient rentrer dans son lycée, le proviseur de Kastler, à Talence, a été blessé et transporté dans une clinique. A Gustave-Eiffel, à Bordeaux, la concierge et un enseignant ont été bousculés. A Mérignac, au lycée Fernand-Daguin, un jeune a été placé en garde à vue pour avoir tenté d'incendier des palettes. Un jet de poubelle contre un professeur a également été relevé au lycée Emile-Combes de Bègles. Enfin, au lycée Montaigne, à Bordeaux, une soixantaine de jeunes auraient enfoncé le portail d'entrée. Les dégâts s'élèveraient à plusieurs dizaines de milliers d'euros. La police a quant à elle procédé à cinq interpellations. Le recteur d'académie, William Marois, a vivement réagi : « C'est la première fois, depuis seize ans que je suis recteur, que je vois ça. Ce n'est pas un mouvement lycéen, c'est un mouvement de violence. Mais les casseurs ne sont pas tous des lycéens », a-t-il reconnu. La Fidl a également regretté ces débordements : « Nous ne sommes pas là pour casser. On se demande juste ce que le gouvernement veut faire de nous, avec les 13 500 suppressions de postes annoncées à la rentrée prochaine », souligne Rayane, 17 ans, président de la Fidl Aquitaine.
Une nouvelle manif est prévue mercredi, place de la Victoire, avec les profs cette fois-ci.
J. M.