«Rachida Dati a répondu à notre invitation, mais son discours est resté très convenu.» Les 258 auditeurs de justice de la promo 2007 «Eva Joly» de l'Ecole nationale de la magistrature de Bordeaux se sont entretenus hier après-midi avec la garde des Sceaux, qui leur avait fait faux bond il y a quelques mois.
«Nous avons surtout évoqué les rapports entre la magistrature et les citoyens», rapporte Joëlle Canton, l'une des représentantes de la promo. Nous lui avons demandé d'expliquer davantage le quotidien de la justice lors de ses interventions publiques, souvent liées à des actualités émotionnellement chargées.»
«Réponses vagues»
Les contradictions de sa politique pénale lui ont aussi été soumises, ou comment concilier répression et surpopulation carcérale. «Mais ses réponses étaient vagues et nos interrogations demeurent», regrette un auditeur.
A la veille de la journée de mobilisation des magistrats, Rachida Dati a adopté une attitude consolatrice : «Le corps judiciaire peut parfois se sentir oublié, peu soutenu et peu valorisé. On ne parle des juges qu'en cas de dysfonctionnement, or c'est toujours sous leur autorité que les affaires sont résolues.»