Libre, mais sur la paille. Hier, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné José Bové à deux cents jours-amende à 60 euros, soit 12 000 euros au total. Un jugement dans la droite ligne, bien que plus clément, de celui rendu, en septembre, par le tribunal correctionnel de Toulouse, où le militant altermondialiste avait écopé de 18 000 euros de jours-amende. « Il y a une cohérence entre les tribunaux. Les faucheurs sont frappés au porte-monnaie », confiait José Bové à la sortie du palais de justice. Il était poursuivi, avec onze coprévenus, pour avoir, en novembre 2006, rendu impropre à la consommation 2 320 tonnes de maïs transgénique stockées dans un silo, à Lugos, chez Marc Giblet, un maïsiculteur pro-OGM.
Toujours est-il que l'ancien leader de la Confédération paysanne est apparu soulagé à l'énoncé de la décision. « C'est un jugement d'apaisement. Les magistrats ont montré qu'ils ne voulaient pas pénaliser de manière outrancière les faucheurs anti-OGM. D'ailleurs, une peine de prison ferme aurait été incompréhensible étant donné que le maïs MON-810 est interdit, a-t-il estimé. De toute façon, les réquisitions du parquet étaient complètement invraisemblables ! » Huit mois de prison ferme et quatre ans de privation des droits civiques avaient été demandés par le procureur, Jérôme Bourrier. Les autres faucheurs ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis. L'agriculteur Marc Giblet, lui, a écopé de cent soixante jours-amende à 60 euros pour avoir tiré un coup de feu en direction des faucheurs.