Fini les discussions et par ici les gros sous. Hier, le préfet de région Francis Idrac a lancé un ultimatum aux collectivités locales concernées par la ligne à grande vitesse Paris-Espagne, afin qu'elles s'engagent à partager l'addition. Les élus ont jusqu'à lundi pour définir leurs participations respectives, date à laquelle un protocole d'intention devra être signé, lors d'une réunion à la préfecture. Après, il sera trop tard, a fait comprendre Francis Idrac : « La LGV Bretagne est en train de nous doubler, car rien n'a bougé chez nous depuis la déclaration d'intention de janvier 2007, quand les collectivités se sont mises d'accord pour financer les trois branches Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. » Le coût total de ces infrastructures est évalué à 12,6 milliards d'euros, dont 5,6 milliards pour Tours-Bordeaux. L'Etat a prévu de financer 50 % de cette section, autant que celle de Bordeaux-Captieux, contre 100 % de la portion Dax-Vittoria, estimée d'intérêt national. Les fonds européens viendront par ailleurs alléger la participation des collectivités sur la LGV Bordeaux-Espagne. Mais la facture reste très lourde pour les collectivités aquitaines (région, départements et communautés d'agglomérations), qui sont sollicitées à hauteur de 1,63 milliard d'euros. Soit presque trois fois plus que ce qu'elles avaient prévu au départ pour Tours-Bordeaux... Un tel effort, qui correspond grosso modo à leur budget d'investissement annuel, ne sera tenable qu'en passant par un emprunt longue durée. C'est ce que préconise le préfet, en citant l'exemple de la LGV-Est, « pour laquelle les collectivités concernées ont obtenu un emprunt sur 45 ans. »