Attendre cinq heures - au lieu de vingt-quatre - pour voir si les souris meurent, et compléter par un test chimique. Tel est le protocole de contrôle sanitaire des huîtres du bassin d'Arcachon proposé hier à la Commission européenne par la France, à la demande des ostréiculteurs. « L'enjeu est de faire du bassin un espace d'expérimentation », précise Yves Foulon, maire UMP d'Arcachon, que l'implication gouvernementale rend « optimiste ».
Mais rien n'est acquis. En effet, « le gouvernement a sollicité l'avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui reste convaincue que le délai de vingt-quatre heures est nécessaire et recommande de poursuivre les recherches sur le test chimique », soupire Charles Mauviau, directeur de la section régionale conchylicole. Si l'Etat « peut aller à l'encontre de l'Afssa », assure Yves Foulon, la filière craint qu'« en mars prochain, rien n'ait changé » et que les interdictions de vente et de consommation frappent à nouveau les 340 entreprises du bassin. L'engrenage est bien connu : durant « la période sensible », de mars à fin septembre, l'Ifremer vérifie deux fois par semaines la toxicité éventuelle des huîtres. Ce test biologique, remis en cause par la profession et les élus locaux, consiste à injecter des extraits de coquillages à des souris. Si elles décèdent dans les vingt-quatre heures, ce qui est régulièrement le cas, l'arrêté préfectoral d'interdiction de vente est immédiat. « Mais aucun cas de maladie liée aux huîtres n'a été recensé jusqu'à présent », rappelle le maire d'Arcachon.