« Expliquer pourquoi on est sévère »

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Publié le 15 septembre 2008.

Jean-Marie Darde

Jean-Marie Darde

Procureur général à la cour d'appel de Bordeaux.

Vous prenez vos fonctions à Bordeaux. Avez-vous des liens avec cette ville ?

Bien sûr. Tous les magistrats ont en mémoire leurs études à l'Ecole nationale de la magistrature. Cela laisse un lien fort.

Des tests psychologiques sont prévus au prochain concours d'entrée de l'ENM. Est-ce une bonne chose ?

Disons que ça peut être utile. Il faut être très équilibré pour exercer la fonction de magistrat. Mais l'équilibre, c'est difficile à définir... Et puis, peut-on vraiment savoir quelle sera la personnalité d'un jeune de 22 ou 23 ans ? Quand on quitte le statut d'auditeur de justice, on change en profondeur.

Quelles sont vos missions à la cour d'appel de Bordeaux ?

Comme n'importe quel procureur, je serai présent à certains procès jugés en appel en tant que représentant du ministère public. A côté de cela, je suis chargé de coordonner l'action des cinquante-neuf magistrats des parquets de Bordeaux, Libourne, Angoulême, Bergerac et Périgueux. Enfin, je m'occupe de la gestion des tribunaux.

Le parquet de Bordeaux est l'un des plus chargés de France...

Il y a effectivement une grosse activité. En plus de la délinquance « classique », le parquet de Bordeaux a une compétence interrégionale en matière de criminalité organisée et de délinquance financière. Aujourd'hui, le parquet fonctionne bien. Il faut cependant reconnaître que les magistrats travaillent beaucoup. Je vais aller à leur rencontre dans les prochaines semaines afin d'évaluer leur charge de travail. Pour rééquilibrer les différents parquets, je dispose de quatre magistrats placés. Ces procureurs sont chargés d'assurer les remplacements en fonction des besoins.

Cela va-t-il suffire ?

Je n'ai pas encore la réponse. Ma priorité est de voir où il y a des problèmes. Lors des dialogues de gestion avec le ministère de la Justice, je demanderai, si nécessaire, des effectifs supplémentaires. Mais il faut garder à l'esprit que les crédits publics ne sont pas extensibles à l'infini. Quand on demande des postes au ministère, il faut sortir des chiffres.

La justice paraît toujours un peu éloignée des citoyens...

C'est sûrement vrai. L'image de la justice est souvent négative. Notre rôle, au parquet, c'est la protection du plus grand nombre. Cela n'est pas toujours bien perçu par les citoyens. Je crois qu'il faut davantage communiquer, expliquer pourquoi on est sévère sur tel ou tel point, en matière d'infractions au code de la route par exemple. Ensuite, il y a le ressenti individuel. Les justiciables sont toujours persuadés que le juge n'a pas très bien compris leur histoire...

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