Dernière ligne droite pour Bordeaux et ses concurrentes, Lyon, Marseille et Toulouse. D'ici à demain soir, les quatre villes candidates au titre de capitale européenne de la culture de 2013 auront passé leur grand oral à Paris. Bordeaux ouvre le bal à 14 h 30 cet après-midi, juste avant Marseille. Demain, ce sera au tour de Lyon et Toulouse. Le suspense sera de courte durée : la ministre de la Culture, Christine Albanel, révélera le nom de la gagnante dans la foulée. A Bordeaux, on veut croire à cette victoire. D'après l'équipe en charge du dossier, l'unanimité politique entre les quatre collectivités (ville, CUB, département et région) et la mobilisation populaire bordelaise auraient fait mouche lors de la visite de quatre membres du jury, le 1er septembre. Autre argument qui pourrait paradoxalement jouer en la faveur de la capitale girondine : son retard en matière d'infrastructures, comparé à des villes comme Lyon ou Toulouse, réputées pour leurs grands événements.
Face à ces lacunes, la tâche de la délégation consistera à mettre en avant le potentiel culturel de Bordeaux : les sites en devenir, notamment la base sous-marine et la caserne Niel, la diversité de son milieu associatif ou encore son bagage historique. La philosophie des Lumières et le commerce triangulaire pourraient en effet alimenter des réflexions d'envergure européenne. Selon certains observateurs, le dossier bordelais présenterait certaines similitudes avec ceux de Lille et Liverpool, lauréates en 2004 et 2008. Quoi qu'il en soit, décrocher le titre provoquerait un élan formidable, non seulement au niveau culturel, mais aussi économique. A titre d'exemple, la capitale du Nord avait accueilli en 2004 près de 9 millions de visiteurs, attirés par les 2 500 manifestations organisées en l'espace d'un an... Elle avait obtenu 74 millions d'euros de subventions, notamment grâce à de nombreux partenaires privés. Pour l'heure, Bordeaux sait qu'elle pourra réunir 60 millions d'euros : 40 millions des collectivités locales et 20 millions du privé.