Plus visibles, plus proches de la halle des Capucins, les charrettes à bras des marchands de fruits et légumes sont installées depuis le 1er septembre sur le parvis du marché. Elles ont quitté la rue Elie-Gintrac, un espace qui leur était réservé depuis la Libération.
Même si ce déménagement s'est fait à la demande de certains, tous les commerçants n'apprécient pas ce bouleversement. Gabrielle, qui tient son stand de primeurs depuis trente ans, ne décolère pas. Elle estime que ce changement perturbe les fidèles des charrettes, comme cette dame, une ancienne habitante des Capus qui « vient exprès de Mérignac pour faire ses courses » chez la vingtaine de petits marchands des quatre saisons. « Avant, j'en profitais pour aller chez le boucher ou le marchand d'olives dans la rue Elie-Gintrac, mais maintenant, ce n'est plus sur mon chemin », regrette-t-elle.
« Quand on parle de déménagement, il s'agit en réalité d'un déplacement de quelques dizaines de mètres », relativise Jean-Charles Bron, le conseiller délégué au Commerce de la ville, qui est allé rassurer les marchands en début de semaine. Ils ont ainsi obtenu la garantie que leurs tarifs de placement - très bas - seraient maintenus. Certains, comme Josiane, qui paye 16 euros par semaine, se disent même prêts à payer un peu plus cher désormais...
Heureusement, l'essentiel a été sauvé : plutôt que d'informatiser le tirage au sort des emplacements, la mairie a accepté de maintenir le système ancestral auquel les marchands étaient très attachés. Chaque semaine, ils continueront donc à piocher des médailles dans un sac !