« Nos infrastructures ferroviaires sont dans un état catastrophique », affirme Alain Rousset. Pas de quoi être fier, en effet. En matière de vétusté des voies, la région Aquitaine figure en haut d'un triste tableau à côté des régions Midi-Pyrénées et Auvergne. Les lignes Pau-Oloron, Bergerac-Sarlat et Périgueux-Agen sont les plus touchées. Sur ces trajets, les trains sont obligés de rouler à 50 km/heure au lieu de 90 km/h en moyenne en raison de l'état de dégradation des voies et des caténaires. Les incidents à répétition touchant les câbles électriques qui alimentent les motrices ont poussé la SNCF à lancer « un diagnostic national ».
À la direction régionale de la SNCF, on se contente d'indiquer que ce sont les zones dites « sensibles » (entrée et sortie des grandes gares de la région : Bordeaux, Poitiers, Angoulême, etc.) qui seront contrôlées dans un premier temps. « Cette inspection des caténaires est une bonne chose », souligne Nicolas Dubernet, représentant régional de SUD Rail. « Encore faut-il prévoir des effectifs suffisants pour réaliser une bonne évaluation de leur état », précise le syndicaliste.
La grande fierté d'Alain Rousset est ailleurs, du côté de l'augmentation de la fréquence des TER. Depuis 2002, il en a fait son cheval de bataille. En juillet dernier, cinq lignes de cadencement ont été mises en place entre Bordeaux et Le Verdon, Arcachon, Mont de Marsan, Pau et Hendaye.« Notre objectif est d'arriver à un système proche des trains de banlieue de la région parisienne. A terme, ce cadencement sera étendu à toute la région », assure le président du Conseil régional.
Dans le plan rail, figure un autre objectif, de taille : rénover tout le matériel roulant TER (wagons, locomotives, etc.) d'ici 2010. Huit nouveaux trains AGC d'une capacité de 280 places seront mis en service d'ici la fin de l'année. Une « gigantesque commande » est également à l'étude. Coût de l'opération pour la région : 400 millions d'euros. Objectif : augmenter de 20 % le nombre d'allers-retours quotidiens des TER afin d'accueillir toujours plus de voyageurs. Ils sont aujourd'hui 30 000 à emprunter chaque jour le réseau.