EXCLUSIF - Le président socialiste du conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset, dévoile ses multiples projets pour 20 Minutes...
La défaite de Bordeaux est déjà loin. Si Alain Rousset n’a pas réussi à «prendre» la mairie à Alain Juppé, lors des élections municipales du mois de mars, le président PS de la région et député de la Gironde est revenu à sa passion première: sa chère Aquitaine, à laquelle il se consacre désormais à plein-temps. Les dossiers prioritaires ne manquent pas pour cet homme sans cesse sur les routes, que ce soit le développement du transport ferroviaire, le logement étudiant, la recherche médicale ou l’énergie laser.
Après les lycéens, les étudiants vont faire leur rentrée. Quelles sont les avancées en terme de logement?
C’est une condition essentielle pour favoriser la poursuite des études. Or, il y a une vraie pénurie de logements pour les jeunes. Dès 1998, la région s’est engagée dans la construction de cités lycéennes. Aujourd’hui, 21000 logements existent, pouvant accueillir 17% des lycéens aquitains, à Mauléon, Bordeaux, Marmande, Pessac… Ce ratio nous place au premier rang des académies françaises. Et dans le mandat qui vient, nous réglerons le problème du logement étudiant. Nous avons engagé un grand plan d’urgence de 9000 logements, qui comprend 4300 neufs et 4500 à réhabiliter, pour un budget de 4 millions d’euros. En cette rentrée 2008, nous en avons déjà réalisé 1300. Dans la CUB, par exemple, toutes les cités universitaires du campus sont aujourd’hui neuves ou en reconstruction. A terme, nous espérons pouvoir offrir un logement de ce type à 12 à 13% des étudiants.
Que pensez-vous du projet du gouvernement de réaffecter certaines casernes au logement des étudiants?
Les régions n’ont pas été consultées et je m’interroge sérieusement sur le financement de l’achat des
terrains militaires. A Bordeaux, la région et la mairie se battent ensemble pour racheter à des prix raisonnables les friches militaires et ferroviaires de la rive droite. Et cela coûte bien moins cher de construire une résidence étudiante ex nihilo que de réhabiliter.
La région soutient la recherche, notamment médicale.
Y-a-t-il des pistes intéressantes?
Face aux maladies neurodégénératives —Alzheimer, Parkinson ou sclérose en plaques—, il faut développer l’imagerie, afin d’explorer leur évolution dans le cerveau. A l’université Bordeaux 2, on a déjà une grande compétence en neurologie. Pour aller plus loin, nous avons lancé un projet de «Neurocampus» l’an dernier, inscrit dans le contrat de projet Etat-région, et dans lequel nous investissons 5 millions d’euros. Ce programme devrait voir le jour dans les quatre ans à venir et placer l’Aquitaine au premier rang mondial des neurosciences. Le projet démarrera avant la fin de l’année. On peut en attendre des retombées intéressantes en terme de fabrication de médicaments. Nous soutenons également une équipe pluridisciplinaire sur le diabète, qui travaille sur la mise au point d’un pancréas artificiel, destiné à être greffé aux malades.
En terme de création d’entreprises, Unitec aura 20 ans l’année prochaine…
A la fois incubateur, pépinière et structure d’accompagnement à la création d’entreprises, Unitec offre des débouchés aux découvertes des laboratoires. Cela peut être des médicaments, des logiciels ou des outils de fabrication. La région a créé cette structure sur le campus universitaire en 1989. Depuis, 150 entreprises y ont vu le jour. C’est une ruche extraordinaire.
Où en est-on du laser mégajoule?
La construction du simulateur d’essais nucléaires au Barp se poursuit. La chambre d’essai est terminée et le commissariat à l’énergie atomique (CEA) est en train d’installer les lignes d’amplification laser. La région s’est adossée au projet en créant à côté une unité de laser Petawatt, dans laquelle des chercheurs mettent au point l’énergie de demain, une énergie produite sans déchets, qui nous sortirait de la dépendance aux énergies fossiles. Ce système alternatif, cinq fois moins coûteux que l’EPR de Cadarache, est destiné au civil.
Comment voyez-vous votre avenir politique?
Mon objectif aujourd’hui, c’est la région. En Aquitaine, nous démontrons notre efficacité dans de multiples domaines. C’est une région magnifique et créative, qui démontre que l’innovation va de pair avec le paysage.
Marion Guillot