« Les dirigeants ont dû prendre une bonne claque ». Francisca Bouquey et 91 autres ex-salariées d'Arena à Libourne ont obtenu hier devant les prud'hommes 50 000 euros de dommages et intérêts chacune pour licenciement abusif, soit une somme totale à verser par la célèbre marque de maillots de bain de 4,8 millions d'euros. Les 169 employés du site de Libourne - dont 94 % de femmes - avaient été licenciés en mars 2007, pour motif économique, avant une délocalisation en Chine.
« C'est une compensation pour le préjudice subi, mais moralement, ça ne sera jamais réparable », souligne Francisca Bouquey. « J'avais trente-cinq ans d'ancienneté et aujourd'hui, je distribue des annuaires dans les boîtes aux lettres ». Si l'esprit des ex-Arena n'était pas vraiment à la fête hier, leur avocat, Me François Ruffié, savoure la victoire. « Les prud'hommes ont conclu à une opération financière pure et simple. C'est un succès complet », retient-il.
Rachetée en mars 2006 par le fonds d'investissement BS Investimenti, l'usine a fermé un an plus tard. « La proximité de ces dates fait présumer que cette fermeture avait été envisagée lors de l'acquisition de l'entreprise », mentionne le jugement des prud'hommes. Le « manque de compétitivité » invoqué par les dirigeants d'Arena n'a pas non plus convaincu. Pour les juges, le rapport soumis au comité d'entreprise en novembre 2006 se résume à la démonstration suivante : « Si les salariés étaient moins payés, les bénéfices seraient supérieurs ». Argument irréfutable, mais qui ne justifie pas un licenciement. La société Arena envisage de faire appel.