« Période d'adaptation » pour les uns, « dispositif absurde » pour les autres. La rentrée des primaires s'annonce tendue du côté des instituteurs. Dès aujourd'hui, les professeurs sont chargés d'appliquer les nouveaux programmes recentrés autour de « savoirs fondamentaux ». En clair, davantage de Français et de maths mais aussi de l'instruction civique et morale. Les élèves auront 24 heures de cours par semaine au lieu de 26 heures. Les deux heures d'enseignement ainsi dégagées seront transformées en « heures de soutien » pour les élèves les plus en difficulté.
Reste à trouver le bon créneau horaire. C'est là que ça coince côté enseignants. « Ce soutien personnalisé est une bonne chose. Encore faut-il nous donner les moyens de l'organiser », souligne Danièle, qui attaque sa trentième rentrée à l'école primaire de Margaux. Les enseignants ont le choix : ces heures pourront avoir lieu soit entre midi et 14 h ou le soir, après 16 h 30. « Dans tous les cas, cela pose des difficultés », poursuit l'enseignante. Problèmes de cantine le midi, de ramassage scolaire le soir.
A l'école primaire Jean-Jaurès de Floirac, classée ZEP, on se félicite du dispositif, sans s'inquiéter de ses modalités d'application. Ici, des heures de soutien scolaire sont déjà prévues depuis trois ans dans le cadre du programme de réussite éducative. Et « ça paye » selon son directeur Didier Lourec. « Grâce à ce système, on va pouvoir ajuster les heures de soutien, de deux à quatre heures par semaine, en fonction de la difficulté rencontrée par nos élèves », souligne-t-il.