En tête de cortège, les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FO, Unsa...) ont défilé unis derrière une même banderole hier matin, dans les rues de Bordeaux, pour protester contre la réforme des retraites. Unis également, les salariés des secteurs public et privé, les retraités et quelques étudiants et lycéens. Le long cortège a rassemblé entre 8 000 (selon la police) et 25 000 manifestants (selon les organisateurs). Le leitmotiv était le même pour tous : le refus des 41 ans de cotisations. Quelques-uns avaient également fait le déplacement pour exprimer un ras-le-bol plus général : « Salariés, retraités, on doit tous être augmentés », pouvait-on entendre dans la foule.
Jean-Claude Landais, ancien enseignant et responsable académique des retraités du syndicat national des enseignements de second degré (Snes) est « venu par solidarité avec les actifs et les futurs retraités. Ce qui risque de leur tomber dessus est très grave. Le choix sera le suivant : partir avec une faible retraite ou faire un métier que l'on n'aime plus ». Salarié de Ford, Patrick Hervé a manifesté contre une retraite « au rabais », mais aussi « pour les emplois ». « Les retraités avaient défilé avec nous, c'était normal de venir aussi les soutenir », explique-t-il. Pour Julia Valéro, enseignante, « il fallait revenir pour marquer le coup, après la grève de la semaine dernière. Bien sûr, je peux travailler jusqu'à 63 ans, mais alors je serai quoi, et dans quel état ? » Pendant près de deux heures, le cortège a traversé Bordeaux, jusqu'à la place de la Bourse, où pétards et feux d'artifice sont venus clore le défilé.