La fin des zones d'éducation prioritaires (ZEP)? La majorité des enseignants du lycée professionnel Jacques-Brel, à Lormont, étaient en grève hier, pour protester contre la suppression de dix postes et demi à la rentrée prochaine: deux postes et demi d'enseignants, deux d'assistants de vie scolaire et six du secrétariat à l'intendance. «Leurs effectifs sont sans doute en baisse, mais c'est quand même curieux de saigner un établissement à qui l'on vient d'attribuer des moyens particuliers», remarque le Syndicat national des enseignements du second degré (Snes) d'Aquitaine.
Intégré au réseau «ambition réussite» (voir encadré), puis labellisé «espoir banlieue» dans le cadre du plan de Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, l'établissement est situé en zone urbaine sensible, à proximité des tours de Génicart. Des postes supplémentaires avaient ainsi été alloués au lycée. «Notre ministre, Xavier Darcos, s'était pourtant engagé à maintenir les moyens dans les réseaux "ambition réussite"», ajoute François Dreydemy, professeur de génie mécanique. De son côté, le rectorat n'a pas réagi hier. Les enseignants de Jacques-Brel, qui ont déjà plaidé leur cause deux fois à l'Inspection académique, réfléchissent à de nouveaux moyens d'action. Mardi, ils ont distribué des tracts dans les autres établissements de la ZEP de Lormont. Un rassemblement devrait par ailleurs réunir lycéens et parents d'élèves le mercredi 16 avril, place Stalingrad, suivi d'une marche jusqu'au rectorat de Bordeaux.