Après Ford, la Snecma. Hier, le président des référés du tribunal de grande instance de Bordeaux a qualifié de « trouble manifestement illicite » les actions de blocage menées par les salariés grévistes de cette société spécialisée dans les systèmes de propulsion de fusées et missiles. Une astreinte de 1 000 euros par infraction constatée et par personne a été fixée. « Cette décision n'est pas tolérable, elle vise à faire pression sur le mouvement de grève », estime Me Raymond Blet, qui entend faire appel au nom des quatre salariés de la Snecma qui étaient assignés en justice. A l'inverse, Carole Moret, l'avocate de cette société basée au Haillan, se félicite de ce jugement. Pour elle, les actions de blocage des cinq entrées du site et le durcissement du mouvement de ces derniers jours « dépassaient l'exercice normal du droit de grève ». Une partie des 1 150 salariés de la Snecma Propulsion Solide sont en grève depuis onze semaines sur la question des salaires. La direction aurait proposé 25 euros d'augmentation, contre les 125 euros demandés. Hier, à l'issue de l'audience, ils ont revoté à une large majorité la reconduction de la grève.