Bordeaux: Une application intelligente de gestion du trafic urbain testée auprès des automobilistes

INNOVATION Bordeaux Métropole est l'un des deux sites expérimentaux du projet européen C-The Difference, qui vise via une application à fluidifier le trafic urbain...

Mickaël Bosredon

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L'application de gestion du trafic urbain C-The Difference est en test grandeur nature sur Bordeaux

L'application de gestion du trafic urbain C-The Difference est en test grandeur nature sur Bordeaux — C-The Difference

  • C-The Difference donne à l'automobiliste tout un tas d'informations, comme l'état des feux tricolores aux intersections.
  • Cette application est désormais téléchargeable pour le grand public.
  • La base de données qui sera recueillie permettra de mettre en place un standard pour tous les pays membres de l'Union européenne.

Cette application ne va pas résoudre d’un coup de baguette magique les problèmes de congestion sur la Métropole. Mais elle dessine les contours de ce que sera la manière de conduire dans quelques années.

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Bordeaux Métropole se voulant « un laboratoire de toutes les nouvelles solutions permettant de lutter contre les problèmes d’engorgement », la collectivité a remporté en 2016 un appel à projet européen : C-The Difference. Ce consortium qui réunit différents partenaires ( Cerema Sud-Ouest, Ifsttar, Geoloc Systems…) a annoncé, les 21 et 22 novembre derniers lors d’un workshop qu’il tenait à Bordeaux le lancement auprès du grand public de cette application de gestion du trafic urbain. Vous pouvez la télécharger sur le Google Store depuis votre smartphone Android.

Plus de 1.500 feux de circulation de la métropole concernés

C-The Difference est une application de trafic permettant d’adapter sa conduite en fonction des infrastructures et des différents aléas de la route. Le service fourni permet notamment à l’utilisateur d’adapter son comportement à l’approche d’intersections dotées de feux de circulation, sur plus de 370 intersections dans l’aire urbaine bordelaise, pour un total d’environ 1.525 feux de circulation.

Quelque 370 intersections de l'aire urbaine de Bordeaux, pour 1.525 feux de circulation, sont équipés et permettent de renvoyer des informations de circulation sur l'application C-TheDifference
Quelque 370 intersections de l'aire urbaine de Bordeaux, pour 1.525 feux de circulation, sont équipés et permettent de renvoyer des informations de circulation sur l'application C-TheDifference - C-TheDifference

« C’est ce que l’on appelle les systèmes de transport intelligent coopératifs, explique Eric Monceyron, responsable du site d’expérimentation de Bordeaux Métropole. Coopératif car les informations peuvent être échangées. » Bordeaux Métropole s’appuie pour cela sur son système de régulation des feux Gertrude. « Gertrude reçoit chaque seconde une grande quantité d’informations, et est capable de déterminer les différentes phases d’évolution des feux. Ce que nous faisons avec C-The Difference, c’est acheminer cette information sur le smartphone via la 3G ou la 4G. »

A l’approche d’un feu, l’application fournit en avance l’état dans lequel se trouve le feu pour chaque voie. Si le feu est rouge et qu’il passera sous peu au vert, l’application pourra conseiller à l’utilisateur de ralentir afin d’arriver au carrefour au moment où le feu passera au vert. C’est ce que l’on appelle le Glosa (Green Light Optimal Speed Advisory ou conseil de vitesse optimale au feu tricolore).

L'application C-The Difference donne des indications sur l'état d'un feu tricolore avant que l'automobiliste n'arrive dessus
L'application C-The Difference donne des indications sur l'état d'un feu tricolore avant que l'automobiliste n'arrive dessus - C-The Difference

Bientôt d’autres services complèteront l’application

Dans un souci de fluidifier la circulation, d’autres services viendront compléter l’application, au fur et à mesure qu’elle va se déployer dans l’agglomération. Elle pourra signaler à l’utilisateur qu’un véhicule d’urgence se trouve autour de lui, même s’il ne le voit pas, ce qui lui permet d’adapter sa conduite. Le prévenir de la présence d’une anomalie sur la route tel qu’un accident, la présence d’animaux sauvages ou une chaussée déformée. L’avertir de la présence de travaux sur son itinéraire proche, lui permettant ainsi d’adapter sa vitesse.

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Elle informe aussi sur les parkings-relais à proximité, et indique les vitesses maximales autorisées.

Recueillir le maximum de données

L’objectif pour les partenaires de ce projet, testé également à Helmond aux Pays-Bas, est de recueillir le maximum de données de la part des utilisateurs pour en évaluer l’impact environnemental avant un déploiement à l’échelle européenne.

« Actuellement nous avons 150 à 200 téléchargements, nous visons le millier en 2018 pour disposer d’une base de données solide afin d’avoir le meilleur retour d’expérience possible », poursuit Eric Monceyron.

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Cet appel à projets court jusqu’en septembre 2018. Les données recueillies doivent permettre de « standardiser les informations pour tous les Etats membres de l’Union » afin que l’automobiliste puisse utiliser une seule et même application à travers différents pays. Via le développement de la voiture connectée, il est même probable qu’à terme, ce type d’informations soit délivré directement depuis son véhicule.