Bordeaux: L'étonnant projet de «Rue Bordelaise», une grande rue piétonne de 20m de large et 300m de long

URBANISME C'est l'annonce-phare d'Euratlantique: un nouvel axe entre la gare Saint-Jean et les quais va être créé d'ici à 2022. L'architecte Edouard François détaille pour «20Minutes» ce projet à 450 millions d'euros...

Mickaël Bosredon

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L'architecture de la future Rue Bordelaise gardera la pierre comme matériau principal Lancer le diaporama

L'architecture de la future Rue Bordelaise gardera la pierre comme matériau principal — Apsys

  • L'objectif de cette nouvelle rue est de connecter la gare à la Garonne.
  • Un «bâtiment-paysage» en bord de fleuve accueillera une Cité du sport, de la santé et du bien-être.
  • Plus de 27.000 m2 de commerces en rez-de-chaussée sont envisagés.

Ce sera « la nouvelle adresse iconique de Bordeaux » prévient le groupe Apsys. Le projet de Rue Bordelaise, entre la gare Saint-Jean et la Garonne, et qui doit voir le jour en 2022, a été présenté mardi soir par l’Etablissement public Euratlantique, et mercredi sur le Mapic, le salon de l’immobilier commercial se tenant durant trois jours au Palais des Festivals de Cannes, par le promoteur Apsys, porteur de ce projet surnommé « Bordeaux Saint-Jean ».

La Rue Bordelaise viendra s'insérer dans le paysage urbain autour de la gare Saint-Jean, pour déboucher sur la Garonne
La Rue Bordelaise viendra s'insérer dans le paysage urbain autour de la gare Saint-Jean, pour déboucher sur la Garonne - Apsys

 

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Conçue par la Maison Edouard Francois, l’architecture du projet prévoit la création d’un « méridien » qui relie la gare à la Garonne et débouche « sur un somptueux bâtiment-paysage en bord de Garonne, qui accueillera une Cité du sport, de la santé et du bien-être ».

En tout, quelque 88.000 m² de logements, bureaux, hôtels, commerces, restaurants/bars/discothèque, loisirs et services de proximité y sont prévus, dont 27.000 m² nouvellement dédiés au commerce, et « complémentaires » de l’offre déjà existante.

Terrasses, places, passages, passerelles…

Le projet, à ciel ouvert, « s’appuie sur les rues et façades remarquables existantes et y connecte terrasses, places, passages, passerelles et bâtiments contemporains pour doter la ville de nouveaux parcours, nouveaux lieux de rencontres et nouveaux points de vue » dit encore Apsys qui va investir 450 millions d’euros dans ce projet.

Le projet de Rue Bordelaise autour de la gare Saint-Jean se veut comme une nouvelle centralité de Bordeaux
Le projet de Rue Bordelaise autour de la gare Saint-Jean se veut comme une nouvelle centralité de Bordeaux - Apsys

 

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Contacté par 20Minutes, l’architecte Edouard François explique qu’il a pensé ce projet en constatant que « la gare n’est pas connectée à Bordeaux : quand on en sort, on tombe dans un quartier de bric et de broc. L’idée était donc de la relier à la Garonne, par une grande rue piétonne de vingt mètres de large et 300 m de long. »

Terrasses avec point de vue imprenable

Présenté comme une sorte de nouvelle rue Sainte-Catherine, le projet ressemble davantage à la Promenade Sainte-Catherine. Il sera en tout cas « beaucoup plus majestueux que la rue Sainte-Catherine, puisque la rue est deux fois plus large, et que la force du projet est d’être entièrement en pierre » assure Edouard François.

La Rue Bordelaise, une nouvelle rue qui sera percée de la gare Saint-Jean à la Garonne, accueillera commerces en rez-de-chaussée, logements et bureaux
La Rue Bordelaise, une nouvelle rue qui sera percée de la gare Saint-Jean à la Garonne, accueillera commerces en rez-de-chaussée, logements et bureaux - Apsys

Cette pénétrante sur un axe nord-sud « va venir finir la lune [les quais de Bordeaux sont surnommés port de la lune de par le croissant qu’ils forment] » avec en bout de rue des terrasses qui promettent d’offrir un point de vue imprenable sur Bordeaux.

« Il y aura un travail sur l’existant, et un autre de création »

Passant entre les rues Charles-Domercq et Saget ce nouvel axe va nécessiter quelques destructions de bâtiments. « On perce, mais sans résistance, car on est sur un tissu un peu mou, distendu » estime Edouard François. « Nous allons passer sur le parking du Carrefour Market, et tout ce que l’on touche est un peu obsolète. »

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Comme le bâtiment de l’Insee, que d’aucun souhaiterait conserver ? « On peut s’attacher à ce type de bâtiment typique des années 1970, pourquoi pas, analyse l’architecte. Dans la même veine, faut-il conserver l’hôtel Ibis, amené à être détruit ? A un moment donné il y a des choix à faire, on ne peut pas tout garder, et certaines façades anciennes, les plus belles, seront démontées et remontées. Il y aura un travail sur l’existant, et un autre de création. »

Des kiosques, des terrasses et de nouveaux types de commerces ouverts tard le soir

Edouard François insiste sur la « mixité » du projet, avec des espaces de bureaux de 200 m2 pour les TPE-PME, « que l’on a du mal à trouver à Bordeaux ». Avec des commerces « qui donneront tous sur la rue et en extérieur : pas de centre commercial ». Et avec des aménagements extérieurs. « On y trouvera des kiosques qui seront dessinés par de grands designers, des terrasses pour les commerces, avec de nouveaux concepts, type épicerie/restaurant ou boucherie/restaurant, qui resteront ouverts assez tard le soir. Ce sera la rue de toutes les échelles : du grand, du petit… Tout ce qui fait la richesse de Bordeaux. »

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En conclusion, l’architecte estime que ce sera « une nouvelle centralité de Bordeaux. » « La centralité de l’ensemble du périmètre Euratlantique, qui représente tout de même la construction de l’équivalent d’une ville moyenne. »