Fronde «anti-Parisiens» à Bordeaux: Juppé dénonce une «atteinte à l’image de la ville»

POLEMIQUE Le maire de Bordeaux s’est exprimé ce mercredi soir, dans le quartier Saint-Michel, sur la question de la «fronde anti-Parisiens» qui monterait à Bordeaux…

Mickaël Bosredon

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Alain Juppé, à la sortie du magasin «Yvonne» qui a subi des dégradations dans le quartier Saint-Michel

Alain Juppé, à la sortie du magasin «Yvonne» qui a subi des dégradations dans le quartier Saint-Michel — M.Bosredon/20Minutes

Après son tweet de ce mercredi matin, dans lequel il dénonçait « les attaques anti-Parisiens » qui sont « une honte », Alain Juppé s’est rendu ce mercredi soir au sein du commerce « Yvonne », installé récemment dans le quartier Saint-Michel et qui a fait l’objet de dégradations et de tags hostiles à sa venue.

Ce magasin de restauration et de déco « life style » est devenu en quelques semaines, pour certains, le symbole de la « gentrification » du quartier populaire de Saint-Michel. Puis est venue se rajouter la découverte, il y a quelques jours, de quelques affichettes dans Bordeaux indiquant : « Parisien, rentre chez toi » sur un dessin de TGV, illustrant l’arrivée de la LGV mettant Bordeaux à 2 heures de Paris depuis le 2 juillet.

Le magasin «Yvonne» dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux
Le magasin «Yvonne» dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux - M.Bosredon/20Minutes
Le magasin «Yvonne» dans le quartier Saint-Michel
Le magasin «Yvonne» dans le quartier Saint-Michel - M.Bosredon/20Minutes

« Je ne veux pas que notre ville donne l’impression de se recroqueviller »

« Bordeaux a une tradition de bienveillance et d’ouverture au monde, et je ne veux pas que notre ville donne l’impression ou l’image d’un territoire qui se recroqueville sur lui-même » a lancé peu après 21 heures Alain Juppé après sa visite au commerce « Yvonne », où il a pu goûter les produits proposés.

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« Bordeaux est une ville accueillante et doit rester accueillante. Et ce commerce ne mérite absolument pas la stigmatisation dont il a été victime. Il s’approvisionne en produits régionaux, ce n’est pas une chaîne internationale qui vient s’installer ici pour coloniser Saint-Michel. Tout ceci est absurde. »

« Dire à ceux qui veulent s’installer ici : "allez vous faire voir", c’est une violence »

Le maire de Bordeaux a indiqué avoir « demandé au procureur de la République s’il y a matière à poursuite judiciaire - il y a quand même eu des violences ici - car il y a atteinte à l’image de la ville. Là-dessus je ne céderai pas, il n’est pas question de laisser se constituer dans Bordeaux des espaces de non-droit. »

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Sur la question des autocollants « anti-Parisiens », il estime cela « stupide », « nul », et que cela « nuit à l’image de la ville. » « Et c’est une violence aussi. Dire à ceux qui veulent s’installer à Bordeaux, "allez vous faire voir, allez vous installer ailleurs", c’est une violence morale qui est inacceptable. L’esprit bordelais c’est l’esprit d’ouverture au monde. Il y a des moments où il faut réagir. »

« Un mouvement d’ultra-gauche derrière tout cela »

Pour l’élu, « c’est un mouvement politicien qui est derrière tout cela. » « D’après la préfecture, il s’agit d’un mouvement d’ultra-gauche. Cela me rappelle quelques souvenirs, lorsqu’en 1995, pour ma première réunion publique à Saint-Michel, il y avait une haie d’honneur quand je suis sorti et c’est la seule fois où j’ai reçu dans Bordeaux des œufs pourris et des tomates. Il y a une tradition gauchiste dans ce quartier. »

Le collectif visé, Pavé Brûlant, qui avait ironisé sur son site sur l’ambiance lors de la soirée d’inauguration de « Yvonne » se défend d’être à l’origine des dégradations sur le magasin, et encore moins d’être derrière les autocollants « anti-Parisiens. »

« C’est un tout petit groupuscule qui est derrière » a redit Alain Juppé « et c’est peut-être un tort de leur accorder une aussi grande importance. Mais je veux en faire une question de principe. Je ne laisserai pas s’accréditer l’idée que Bordeaux se recroqueville. Il n’y a pas que des Parisiens qui viennent s’installer à Bordeaux d’ailleurs, il y a des gens d’autres régions, et ils sont les bienvenus. »