Face à la flambée des prix de l'immobilier, les Girondins vont s'installer de plus en plus loin. Pour tenter de lutter contre ce phénomène d'étalement urbain (ou mitage), qui se fait souvent de manière anarchique, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), la Chambre d'agriculture (CA) et la Fédération des syndicats des grands vins de Bordeaux (FGVB) ont présenté hier une « charte terroirs ». Ce document a pour objectif de sensibiliser les élus et l'opinion au problème de « la protection des territoires viticoles face à l'urbanisation », a expliqué Bruno Coulon, chargé de mission à la CA.
Les effets de cet étalement urbain sont particulièrement cruciaux « dans les communes de l'Entre-deux-Mers, notamment Cadillac, Targon, Créon, mais également du côté de Saint-Emilion et Pomerol », selon Roland Feredj, directeur général du CIVB. Certains territoires se sont ainsi retrouvés mités, c'est-à-dire que des constructions nouvelles sont éparpillées au milieu des zones agricoles. « Cela représente une menace de plus en plus importante tant pour l'activité viticole que pour la préservation des paysages », souligne la charte. Et ce phénomène est devenu particulièrement problématique avec la crise viticole. « Jusqu'à 2004, le prix d'un hectare de vigne était supérieur ou égal à un hectare à bâtir, ce qui permettait à la profession de s'autoprotéger », remarque Bruno Coulon. Désormais, le coût moyen d'un terrain à bâtir est au moins dix fois supérieur...