« A la fracture sociale s'ajoute désormais une fracture géographique », s'énerve Pascal Lafargue, président d'Emmaüs Gironde. La dernière enquête de la Fondation Abbé-Pierre en dit long sur la volonté des communes en matière de logement social : plus de 60 % des municipalités sondées ne respectent pas la loi et se moquent du quota de 20 % de logements sociaux prévu dans la loi SRU.
Bonnet d'âne du département : Le Pian-Médoc, qui ne comporte aucun HLM, bien qu'une centaine de constructions aient été annoncées depuis 2002. « Ce ne sont que des promesses », se désole Jean-Philippe Gasparotto, de l'association Droit au logement. « La proximité des HLM est mal appréciée, et ces communes préfèrent payer des amendes plutôt que de se conformer à la loi. » Des amendes, la préfecture en promet de nouvelles. Mais pour Pascal Lafargue, ça ne suffit pas : « Nous allons saisir le Parlement pour permettre au préfet d'agir quand les mairies ne font rien. » Il propose des réquisitions de terrains.
Bordeaux est également loin du compte, avec 14,7 % de logements sociaux en 2006 contre 15,2 % en 2002. Et si un récent effort de construction est constaté, il se traduit par des prêts locatifs sociaux (PLS), des logements plus onéreux qu'un HLM traditionnel. « Dans cette ville, le prix de l'immobilier s'envole, rappelle Jean-Philippe Gasparotto, et de nombreux appartements restent vides. La question du logement va devenir primordiale pour l'opinion. » Conclusion de Pascal Lafargue : « Quand ça atteindra les classes moyennes, l'Etat sera contraint de réagir. »