Une progression des ventes de vin, notamment à l'export, a été constatée par la profession, mais les petits viticulteurs ne sont pas les plus concernés et peinent parfois à développer leur exploitation. « Le coût de revient du vin est de 1 150 eur le tonneau, explique Bernard Artigue, président de la Chambre d'agriculture de Gironde, et le prix de vente s'élève en moyenne à 900 eur le tonneau. Les viticulteurs n'ont pas les moyens d'investir. » Les investissements ont d'ailleurs baissé de 80 % entre 1998 et 2005 et de 30 % entre 2003 et 2005. Face à ce constat, la chambre d'agriculture et la chambre de commerce et d'industrie (CCI) ont développé Viti-action, un dispositif d'aides. Il y a cinq ans, celui-ci était un outil anti-crise, il s'est aujourd'hui renforcé pour devenir une démarche incontournable. Il s'agit de faire un diagnostic global de l'exploitation afin d'optimiser la structure pour développer la commercialisation en vente directe.
Jean Crampes, un viticulteur de l'Entre-deux-mers, a fait appel à ce service à la suite d'un mauvais choix qui lui a coûté cher et reconnaît que les viticulteurs ne savent pas vendre. « Depuis quinze ans, je vendais la moitié de ma production à un seul client et en 2005, il a arrêté de se fournir chez moi. Avec Ubi France [une agence conseil de développement international liée au ministère de l'Economie], je suis parti en Asie pour trouver de nouveaux marchés, mais ça n'a rien donné, car il fallait de grosses quantités. Finalement, la CCI m'a aiguillé sur la Hongrie où j'ai vendu des bouteilles et pris des contacts. »