Une année sans OGM. Le gouvernement a annoncé samedi l'interdiction de la culture du seul maïs OGM autorisé en France, le MON 810. Dans une région où 5 000 hectares de maïs OGM sont cultivés, les réactions sont divergentes. « Notre combat n'a pas été vain, témoigne Patrick de Kochko, représentant de la Fédération nationale de l'agriculture bio, mais si on est sûr que rien ne sera semé en 2008, on craint un retour des OGM en 2009. » Cet agriculteur s'inquiète en effet du contenu du projet de loi bientôt discuté à l'Assemblée, et qui a d'ores et déjà été remanié par le Sénat. « On va devoir accepter d'avoir des OGM dans nos produits bio », regrette-t-il.
La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, elle, rejette l'interdiction du MON 810 estimant qu'elle entraînerait un préjudice économique, surtout pour le Sud-Ouest, principalement concerné par ces cultures. La FNSEA estime que l'Espagne va avoir le champ libre pour investir le marché français. « Le maïs conventionnel se vend plus cher que le maïs OGM, rétorque Patrick de Kochko. Si on vend des OGM, on va devoir baisser nos prix. » De son côté, l'Institut national de la recherche agronomique - qui ne prend pas part au débat - est satisfait de la hausse du budget pour la recherche qui a accompagné la décision du gouvernement. « C'est un sujet très important sur lequel on prend du retard, explique le chercheur Olivier Le Gall, notre expertise se construit grâce à la recherche. » Une expertise encore faible, selon lui, puisque malgré l'interdiction, les faits qui y ont conduit (voir encadré) ne démontreraient pas le danger de ces cultures.