De l'aveu même du ministre du Travail, Xavier Bertrand, le projet de fermeture du site bordelais de Marie Brizard manque de clarté. « Nous allons aider [les salariés] à y voir clair sur la réalité des projets de l'entreprise », a assuré le ministre à l'issue d'une rencontre avec des élues du Comité d'entreprise. Ces dernières semblent ne pas comprendre les raisons de cette délocalisation qui, selon elles, ne répondent à aucune logique. Elles redoutent également qu'elle ne soit qu'une étape avant le licenciement de tous les salariés.
L'usine bordelaise produit la célèbre anisette et d'autres liqueurs. Le groupe Bel- védère, propriétaire du site, a annoncé, début janvier, la délocalisation de 68 postes vers le siège social d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) et de 19 autres à Lormont, où se situe l'usine de William Pitters, qui appartient au groupe. « Ces mutations devraient intervenir entre avril et septembre », explique Marie-Do Lavedan, qui souligne qu'en attendant, le personnel est « très stressé, démotivé et angoissé ». Concernant la délocalisation des 38 personnes travaillant à la production, une étude doit être rendue à la fin du premier trimestre. Elle devrait déterminer le futur lieu de fabrication de la Marie Brizard. Trois unités de fabrication sont sur les rangs : Lormont, Aigre (Charente) et Zizurkil (Espagne). Dans tous les cas, le ministre a promis « de ne pas laisser les employés seuls ». A sa demande, des contacts vont être pris entre le préfet de la Gironde, Francis Idrac, et la direction du groupe Belvédère.