Chantal Raherison
Pneumologue à Haut-Lévêque et chercheuse à l'Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement à Bordeaux-II.
Que montrent les études sur l'asthme que vous avez menées à Bordeaux ?
Les trois études, conduites en 1997, 2000 et 2007, révèlent que 9 % des enfants des écoles primaires bordelaises souffraient d'asthme, et 15 % des adolescents de 13 à 14 ans. Si ce pourcentage est resté stable au cours de cette période, il a cependant doublé depuis 1975. A cette époque-là, seuls 4 % des enfants bordelais de 6-7 ans souffraient d'asthme.
Ce taux est-il plus élevé qu'ailleurs ?
Oui, Bordeaux est particulièrement touché par l'asthme. Le taux de prévalence y est supérieur au reste de la France, où le taux d'adolescents affectés par cette maladie est en moyenne de 12,6 %. Le Nord-Pas-de-Calais est aussi une des régions qui connaissent un fort taux.
Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Nous n'avons pas identifié les raisons de ces disparités régionales. Le problème est que l'asthme est une maladie multifactorielle. Elle est liée à des prédispositions génétiques, mais aussi aux facteurs environnementaux comme les poussières, les pollens, les poils d'animaux... Une de nos hypothèses pour expliquer ce fort taux était en rapport avec le fait que la région possède une des plus grandes forêts d'Europe, mais les Aquitains ne sont pas plus sensibles qu'ailleurs aux pollens de pins. Ce n'est donc pas une piste.