Bordeaux: «Lutter contre les incivilités et les manquements au Code de la route des cyclistes...»

SECURITE La police municipale de Bordeaux menait ce mardi l'une de ses premières opérations de verbalisation de cyclistes, dont les manquements au code de la route commencent à poser de sérieux problèmes dans le centre-ville...

Mickaël Bosredon

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Opération de contrôle de cyclistes à Bordeaux, le 20 juin 2017

Opération de contrôle de cyclistes à Bordeaux, le 20 juin 2017 — M.Bosredon/20Minutes

  • La ville de Bordeaux a connu une hausse du nombre de cyclistes de 18,6 % au premier trimestre 2017
  • Des opérations de contrôle vont se multiplier ces prochains mois, sur les points sensibles de la ville

Bordeaux serait-elle dépassée, face au nombre de vélos en constante hausse dans les rues de la ville ? Ce mardi, la municipalité organisait l’une de ses toutes premières opérations de verbalisation à l’encontre des cyclistes en infraction, place Pey-Berland. Et les tout premiers PV en la matière ont été dressés, comme l'a constaté 20Minutes.

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« Le but de cette opération est de lutter contre les incivilités et les manquements au Code de la route pratiqués par les cyclistes, parce qu’ils s’octroient pas mal de prérogatives. Il y a des règles à respecter comme le respect des feux rouges, et ne pas porter d’oreillette-téléphone, explique Jean-François Garnier, responsable du pôle proximité à la police municipale de Bordeaux. Comme il y a une recrudescence de ces manquements, et des accidents, nous avons décidé de passer à l’action. »

« Cela fait six mois que l’on a de fréquents accrochages… »

Au premier trimestre 2017, Bordeaux a connu une hausse de la pratique du vélo de 18,6 % par rapport au premier trimestre 2016. Des pics de fréquentation ont notamment été constatés sur le cours de Verdun, qui a vu passer en moyenne 1.688 cyclistes par jour, dans le sens place Paul-Doumer/place Tourny, sur le cours Clemenceau, qui totalise 1.159 passages quotidiens, de la place Gambetta vers les allées de Tourny, et 817 dans l’autre sens, et sur l’avenue de la République, qui a été empruntée en moyenne par 935 cyclistes par jour, en direction de Mérignac.

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« Cela fait à peu près six mois que l’on a de fréquents accrochages, notamment entre les trams et les cyclistes, surtout liés au fait qu’ils utilisent le téléphone » assure Jean-François Garnier.

« On a atteint la limite »

« Aujourd’hui, un certain nombre de cyclistes croit pouvoir bénéficier de la totalité de l’espace public, et pouvoir contrevenir à toutes les règles du Code de la route, s’agace Jean-Louis David, adjoint au maire en charge de la vie urbaine et de la coordination de la politique de proximité. On a atteint la limite par rapport à ça, et il faut remettre les choses en ordre. Les trottoirs sont faits pour que les piétons déambulent, et pour que les personnes à mobilité réduite puissent les utiliser. On a amélioré certaines situations, en autorisant des tourne à droite pour les vélos quand le feu est au rouge, et aujourd’hui on passe aux opérations de sensibilisation musclées. »

Des opérations qui vont se poursuivre. « On va multiplier ce genre d’opérations dans les prochains mois, notamment en cette période estivale, assure Nicolas Andreotti, directeur de la police municipale de la ville de Bordeaux. Il y aura des points de contrôle à différents endroits de la ville, comme la place Bir-Hakeim, la place Pey-Berland, la place Gambetta, le cours Victor-Hugo, notamment aux heures de prises et fins de service du travail, qui représentent des dangers plus importants qu’à d’autres. Rien que la présence dissuade, donc le but est de se montrer sur ces points noirs. »

135 euros si vous roulez avec des oreillettes

Les contrevenants risquent des amendes allant de la première à la cinquième catégorie. Rouler avec des oreillettes vous coûtera ainsi 135 euros. Griller un feu rouge 90 euros. David en a fait les frais ce mardi. « Même si je comprends la contravention, je suis dégoûté parce que je ne savais pas qu’elle était appliquée. Je prends le vélo quatre fois par jour pour mes déplacements professionnels, et ce feu, je le grille régulièrement, tout en faisant attention bien sûr. » Enfin, plus maintenant.