Bordeaux: Partez à la découverte des vins antiques

DEGUSTATION Pour les Journées nationales de l’archéologie, la Cité du Vin de Bordeaux propose samedi un atelier de dégustation de vins fabriqués de façon antique…

Mickaël Bosredon

— 

Dégustation de vin

Dégustation de vin — S.ORTOLA/20MINUTES

  • La Géorgie est considérée comme le berceau de la fabrication du vin
  • A l’époque Romaine, on rajoutait des épices dans le vin

Bordeaux n’a pas toujours été une place forte de la production de vin. A l’époque Romaine, c’était bien entendu l’Italie qui était sur le devant de la scène, et avant elle la Grèce. Historiquement, c’est la Géorgie qui est considérée comme « le berceau » de la fabrication du vin, puisque des traces de vinification remontant à il y a 8.000 ans ont été retrouvées dans cette région. « Mais on faisait du vin sans doute dès le néolithique, note Caroline Kluziak médiatrice œnoculturelle à la Cité du Vin, même si on ne peut pas le prouver. »

>> A lire aussi : Pour sa première année d'ouverture, la Cité du vin totalise 425.000 entrées

Pour les Journées nationales de l’archéologie, la Cité du Vin s’associe à l’Institut national de recherches d’archéologies préventives (Inrap), et organise ce samedi un atelier dégustation de vins faits à l’antique, qui permettra au public de découvrir les saveurs oubliées de ce breuvage tant apprécié des Romains.

Dégustation de vins fabriqués de manière antique

« Deux des trois vins que nous dégusterons viennent du mas des tourelles à Beaucaire (Gard), où les propriétaires ont reconstitué une cave à la façon romaine, et fabriquent à la façon antique, avec foulage au pied, en rajoutant des épices et en faisant vieillir le vin dans des dolia [jarres de l’époque antique] », explique Caroline Kluziak.

>> A lire aussi : A Bordeaux, les visites histoire et gastronomie se multiplient... jusqu'au gavage?

Car oui, on rajoutait des épices dans le vin – que l’on appelait turriculae – à cette époque, comme « des baies de genièvre, du fenouil, du poivre, du thym, et du miel, beaucoup de miel. » Pour la conservation… et le goût. Car le goût n’avait donc rien à voir avec le vin tel que nous le connaissons aujourd’hui. « Le vin sous l’antiquité était un moyen d’assainir l’eau, on en buvait quotidiennement mais jamais sec, car il n’était sans doute pas très bon, hormis quelques grands crus réservés à la haute société lors de banquets », note Caroline Kluziak.

C’est dans la seconde moitié de notre ère que le vin conquiert l’Aquitaine

Mais lorsque le vin est arrivé en Gaule, par Marseille, et que l’on a débuté sa fabrication, en premier lieu la région du Gard au 6e siècle av. J-C, « il a commencé à être meilleur car les Gaulois ont alors inventé le tonneau, ce qui donnait un meilleur goût que l’amphore ». La production de vin va lentement conquérir le territoire de la Gaule, et on a découvert à Bordeaux des ceps de vigne portant des cicatrices de taille, datés de la seconde moitié du Ier siècle après J.-C. C’est au cours de cette période que la viticulture dans la région a connu un rapide essor, avec l’apparition de nouveaux vignobles.

>> A lire aussi : L'absinthe, longtemps réputée rendre fou et interdite, est réhabilitée

Lors de l’atelier, la dégustation de vin faits à l’antique sera comparée à une dégustation de vin blanc sec venant de Géorgie et vieillit dans de grandes amphores. « Cela nous permettra de faire une ouverture sur notre prochaine exposition consacrée à la Géorgie, du 31 juillet au 5 novembre », glisse Caroline Kluziak.

Atelier A la découverte des vins antiques, samedi 17 juin à 19 h à la Cité du vin de Bordeaux. Tarif : 8 euros.