Les élevages concernés sont placés sous surveillance sanitaire.
Les élevages concernés sont placés sous surveillance sanitaire. - ERIC CABANIS / AFP

Trois élevages des Pyrénées-Atlantiques qui devaient faire l’objet d’un abattage préventif dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire vont finalement être simplement placés sous « surveillance sanitaire », une mesure donnant de facto gain de cause aux manifestants qui s’opposaient à l’abattage d’animaux sains, depuis le 14 avril.

>> A lire aussi : Grippe aviaire: Des manifestations dans les Pyrénées-Atlantiques pour que des canards sains échappent aux abattages

« Après plusieurs semaines de négociation et de confrontation, les élevages de poules et de canards sains de Gabat, Domezain et Barcus (Pyrénées-Atlantiques) seront finalement soumis à une surveillance sanitaire rapprochée, écartant définitivement le risque d’abattage préventif », a annoncé le syndicat agricole basque ELB dans un communiqué.

« Les animaux sains sont sauvés, l’administration accepte la surveillance sanitaire », souligne ELB, qui avait organisé des manifestations et des blocages d’exploitations pour empêcher les abattages préventifs.

>> A lire aussi : Grippe aviaire: Des parrainages de canards lancés pour repeupler les élevages du Sud-Ouest

« Pas un accord négocié »

Mais le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Eric Morvan, interrogé par l’AFP, a affirmé pour sa part que « ce n’est pas un accord négocié ». « A partir du moment où je me suis refusé à entrer par la force dans les exploitations, j’en tire les conséquences », a-t-il expliqué. « Un certain nombre de mesures de contrôles sanitaires en application stricte de la réglementation ont été prises par arrêté hier et ont été notifiées aux trois éleveurs concernés », a ajouté le préfet. Quant aux manifestations, « je vais saisir les parquets de Bayonne et de Pau pour entrave à une disposition réglementaire », a prévenu Eric Morvan.

Plusieurs dizaines de manifestants, agriculteurs, éleveurs, consommateurs, proches de ELB s’étaient opposées les 14 et 21 avril à l’abattage de canards, poulets et pigeons dans les trois exploitations du Pays Basque en faisant valoir que « les animaux concernés élevés dans un système autarcique (circuit fermé) sont sains » et que l’épidémie touche à « sa fin ».

Des oppositions parmi les professionnels

Ces blocages avaient provoqué la colère du président de la Fédération départementale des syndicats agricoles (FDSEA) des Pyrénées-Atlantiques, Bernard Layre, tout comme celle des Jeunes Agriculteurs (JA) du département pour qui « ces blocages compromettaient le vide sanitaire de centaines d’éleveurs ». « Des contre-vérités, selon le syndicat ELB. L’arrêté définissant le vide sanitaire s’achève le 29 mai pour tous et l’existence d’élevages non dépeuplés est prévue par l’arrêté ».

>> A lire aussi : Grippe aviaire dans les Landes: «Ici, on veut être fiers de ce qu'on produit et le manger»

Pour mettre fin à l’épizootie de grippe aviaire qui sévit dans le Sud-Ouest depuis novembre 2016, le gouvernement a imposé un vide sanitaire « obligatoire » dans les élevages de palmipèdes de 1.134 communes répartis sur cinq départements. Il s’agit de la Haute-Garonne (37 communes), du Gers (277 communes), des Landes (267 communes), des Pyrénées-Atlantiques (320 communes) et des Hautes-Pyrénées (233 communes). Depuis janvier, plus de 4 millions de volatiles ont été abattus, afin de ralentir la propagation du virus.

Mots-clés :