INFOGRAPHIE. Bordeaux: Le vin s'exporte mieux dans le monde entier mais demeure boudé en Europe

ECONOMIE Le vin bordelais veut redevenir leader de la filière AOC, notamment grâce à l'exportation ...

Geoffrey Clémençon

— 

La filière viticole bordelaise veut redevenir leader de la filière AOC

La filière viticole bordelaise veut redevenir leader de la filière AOC — S. Ortola / 20 Minutes

  • Les ventes de Bordeaux sont en augmentation à l'exportation internationale
  • La Chine est aujourd'hui le premier acheteur de l'appellation
  • Les ventes sont en revanche toujours en baisse en Europe

Peut mieux faire ou encourageant. C’est ce qui serait écrit sur le bulletin de notes du Comité Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB). Fondé en 1948, ce rassemblement de vignobles et de négociants tenait ce lundi 24 avril son assemblée générale annuelle afin de dresser le bilan de 2016 : des exportations en hausse dans le monde entier mais toujours en baisse en Europe.

Le pays qui achète le plus de vins, que ce soit en volumes (hectolitres) ou en valeurs (milliers d’euros) est la Chine comme le montrent les deux graphiques ci-dessous.

 

La Chine, les Etats-Unis et le Royaume-Uni conservent leurs rangs tandis que Hong-Kong apparaît comme premier importateur de vins en valeur financière. Concrètement, Hong-Kong est le pays qui se destine le plus à l’achat de grands crus avec un prix moyen à la bouteille de 30,36 euros pour le rouge et de 21,85 euros pour le blanc.

Un constat qui n’a pas échappé à Stéphane Defraine, responsable de l’AOC Entre deux mers du château de Fontenille et membre du CIVB : « C’est bien de vendre plein de bouteilles à la Chine mais il faut aussi valoriser le vin. La peur de l’excédent nous fait parfois oublier de remettre le consommateur au centre du débat. »

Le prix du tonneau en hausse de 400 euros

Une analyse qui n’est pas partagée par Allan Sichel, président du CIVB : « Après la mauvaise récolte en 2013, nous avons pu évacuer nos stocks car nous étions un peu excédentaires. Puis il y a eu une raréfaction de nos vins car les récoltes des deux années suivantes restaient médiocres, ce qui a permis de rehausser le prix du tonneau de 800 à 1.200 euros environ. Maintenant l’enjeu est simple, il faut reconstituer notre stock sans faire chuter les prix et pour cela, reconquérir des parts de marché est l’une des solutions. »

En clair, il faut vendre pour absorber toute la production. Surtout si les récoltes sont de plus en plus importantes. Pour cela, un plan « Bordeaux, ambition 2025 » a été mis en place. L’objectif est de mobiliser tous les acteurs de la filière.

>> A lire aussi : Bordeaux: Qualifié d'exceptionnel, le millésime 2016 attire la foule pour la semaine des primeurs

Une démarche pas forcément en accord avec celle de Stéphane Defraine : « Beaucoup de viticulteurs indépendants vendent eux-mêmes leur vin. On ne passe plus forcément par l’intermédiaire de négociants. Je n’ai rien contre eux, mais à 1.200 euros le tonneau, c’est dur d’en vivre. Et puis, vendre directement au consommateur c’est le meilleur moyen de bénéficier de son retour. Enfin, il est dur de se comparer. J’ai un collègue qui vend certaines de ses bouteilles grands crus plus de 1.000 euros. Moi c’est 3,65 euros. »

Le vin de Bordeaux, plus un vin d’entrée de gamme

Le prix de la bouteille est d’ailleurs l’un des enjeux et l’une des causes du désamour de l’Europe pour le Bordeaux souligne Allan Sichel : « En Europe, nous étions sur des vins d’entrée de gamme. Mais on veut s’extraire de cette catégorie et viser des bouteilles ayant un prix entre cinq et 15 euros. » La Belgique, l’un des cinq pays principaux importateurs de vin en hectolitres selon le graphique ci-dessus, passe majoritairement par le discount (56 % des volumes). Or, le Bordeaux est peu présent dans ce secteur.

Si l’exportation internationale se porte bien, il n’est pas certain que les pays européens continuent d’acheter les Bordeaux qui ne seront plus en entrée de gamme. C’est un pari de la part du CIVB, mais comme le rappelle Allan Sichel : « Le vin n’est pas une science exacte. »

>> A lire aussi : Bordeaux: Les vignobles eco-responsables cartographiés