La fin de la cigarette tue l'ambiance

Enthousiastes ou révoltés, il n'y a pas de demi-mesure. « A 99 %, ça se passe bien, souligne un gérant de brasserie du centre-ville. Même les fumeurs sont contents, ils disent que c'est agréable et qu'ils fument moins. » Ce restaurateur, qui envisage...

Orianne Dupont

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Enthousiastes ou révoltés, il n'y a pas de demi-mesure. «A 99%, ça se passe bien, souligne un gérant de brasserie du centre-ville de Bordeaux. Même les fumeurs sont contents, ils disent que c'est agréable et qu'ils fument moins.» Ce restaurateur, qui envisageait d'aménager sa terrasse, est même revenu sur son idée car il ne voit pas l'intérêt d'un tel investissement.


Ailleurs, le ton n'est pas le même: «C'est la pagaille, il y a plus de gens dehors que dedans, s'insurge le responsable de la discothèque La Pachanga. Les clients sortent fumer dans la rue, ils sont parfois une vingtaine devant chaque établissement, ce qui crée des tensions avec les gens qui traînent. Et en plus, les clients consomment moins et l'ambiance est cassée.»

A l'image de ce qui a été fait au Torito, cours Alsace-Lorraine, le responsable de La Pachanga envisage de créer un fumoir afin d'assurer la sécurité de ses clients, mais le coût prohibitif le fait encore douter. Selon l'Union des métiers de l'industrie de l'hôtellerie, seuls 5% des établissements girondins pourraient en avoir un.

Dans les bars-tabacs, le moral est au plus bas: «Dès le 2 janvier, les consommations ont baissé de près de 40%, ce qui correspond à nos dépenses pour les charges, l'électricité...», explique Bruno Raphard, représentant girondin de la chambre syndicale des débitants de tabac. « On respire mieux, certes, reconnaît le gérant d'un établissement situé cours Balguerie-Stuttenberg, mais je n'ai plus de clients. C'est désert, je n'ai jamais vu ça... Et j'ai le sentiment que le combat est fini.»

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