« Les perspectives sont mauvaises », commente Vincent Feltesse, président de la CUB, à l'issue d'une réunion avec les dirigeants de Ford. Six mois après la première réunion entre les représentants du groupe et les élus locaux, très peu d'avancées ont été constatées par tous les protagonistes. « On a perdu six mois, ajoute le président PS de la CUB. Soit les pistes envisagées n'ont pas abouti, soit elles ne sont pas à la hauteur des enjeux. » Ce que Ford ne dément pas : « Même si les groupes de travail n'ont débouché sur rien, les choses ne sont pas remises en cause », indique Stéphane Césaréo, porte-parole de Ford.
Pourtant, les élus ont la nette impression que Ford n'investira plus à Blanquefort. Hier, ils ont demandé au groupe de trouver d'autres investisseurs, de penser à la reconversion du site et d'évaluer ce que lui coûterait la fermeture. Une somme qui pourrait s'élever, selon la CUB, à 500 millions de dollars (340 millions d'euros). « Ça peut valoir le coup d'investir... », ironise le président de la CUB. Ford s'est dit d'accord pour travailler avec l'Agence française d'investissements internationaux et avec un cabinet afin de trouver un repreneur. Mais le groupe reste plus mesuré - et flou - sur son désengagement : « Vu la situation de Ford, nous ne sommes pas en mesure aujourd'hui de donner une position », souligne Stéphane Césaréo. Pourtant, le temps presse, car la production des boîtes de vitesse se termine en avril 2010.